D’après les chiffres de la Banque mondiale, l’épargne de la diaspora, qui s’élève à 53 milliards de dollars par an, est supérieure aux envois de fonds annuels vers le continent. C’est cette force financière considérable déjà convoitée par les banques africaines qui suscite également l’intérêt de l’union européenne.
Via la directive bancaire CRD VI qui entre en vigueur en 2025, les pays de l’union européenne veulent neutraliser l’activité d’intermédiation qu’effectuent pour le compte de leurs maisons-mères, les filiales des banques africaines basées en Europe.
Cette directive suscite déjà un tôlé au sein des dirigeants des banques du continent. Dans la pratique, les banques africaines ne pourront plus proposer à leurs clients des services MRE, elles seront désormais cantonnées à fournir que des services bancaires européens et non étrangers.
Selon beaucoup d’observateurs, au-delà du coup dur porté aux succursales des banques africaines, c’est la diaspora africaine résidant en Europe qui en pâtira en premier, puisque les filiales et les banques seront empêchées d’offrir leurs services à leur clientèle en Europe.
Certains spécialistes estiment même que la directive CRD VI met en danger le partenariat Afrique-Europe, et pourrait alimenter des circuits informels pouvant servir aux réseaux de blanchiment d’argent et pourrait représenter un frein à l’apport de la diaspora au développement économique et social de l’Afrique.
