C’est pour la toute première fois dans son histoire que les Comores préside aux destinées de l’Union Africaine. Le président Azali Assoumani, diplômé de l’Académie militaire royale de Meknès au Maroc, d’où il sort en 1981 avec un Brevet de parachutiste, a été investi par ses pairs pour succéder au sénégalais Macky Sall alors que la crise proteiforme des Grands Lacs ébranlent les fondements d’une organisation basée sur le consensus et non le vote. Le kenyan William Ruto, élu il y a quelques mois a été forcé de retirer la candidature de son pays.
Dès ses premiers mots en tant que président en exercice, Azali a mis l’accent sur la Zone de libre échange continental (ZLECAF), invitant les pays qui n’ont pas encore ratifié l’accord à le faire rapidement. En ancien chef d’Etat-major de l’armée, arrivé au pouvoir une première fois en 1998 au terme d’un coup d’Etat, le président Azali semble être le bon interlocuteur pour raisonner les juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.
Ceux qui connaissent le chef d’Etat comorien retiennent de lui le fun manœuvrier. L’architecte des assises de Fomboni parviendra au début des années 2000 à faire passer l’archipel de la République Fédérale Islamique des Comores à l’Union des Comores, en accordant une large autonomie aux îles. En 2002, après avoir démissionné, il est élu à 75%. Dans son mandat de 2002 à 2006, il mène le pays à renouer avec le FMI et la Banque Mondiale, et engage des projets d’envergure tel l’ouverture de l’Université des Comores. Le 26 Mai 2016, Assoumani Azali est de nouveau élu Président de l’Union des Comores. Réélu en 2019, l’homme fort de Moroni est désormais sur le toit de l’Afrique.
