Près de 4 mois après la mise en place – sur papier – du fonds pour les pertes et dommages liés au climat en marge de la COP27 tenue en novembre dernier en Egypte, le comité de transition tarde à être mis en place. En effet, les pays regroupés en bloc régionaux devaient nommer, au plus tard le 15 décembre 2022, leurs représentants au sein de l’instance constituée de 24 membres. Mais jusqu’au 31 janvier dernier, seuls dix membres avaient été annoncés. Une démarche qui retarde la mise en place effective du comité chargé de gérer l’épineuse question de la justice climatique, et qui n’est pas sans conséquences.
Selon l’accord décisif de la COP27, le comité devrait tenir sa première réunion d’ici le 31 mars et au moins deux autres d’ici la fin de l’année. Un agenda qui sera sans doute chamboulé à cause des intérêts et des situations très divers des différents blocs. Cette situation affectera le travail du comité dont l’une des missions est d’acheminer les fonds vers les victimes du climat.
« Tout retard dans la mise en place de l’institution freinera l’élan de soutien aux populations les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique », a déclaré Harjeet Singh, le responsable de la stratégie politique mondiale au Climate Action Network International.
D’après les conclusions issues de la COP 27, le comité devrait faire des recommandations pour son opérationnalisation par la COP 28, prévue du 30 novembre au 12 décembre 2023 aux Émirats arabes unis (EAU).
Un délai d’opérationnalisation relativement « court«
D’aucuns soutiennent que le délai d’opérationnalisation du fonds est assez court en raison de la complexité de la question. Les parties prenantes devront d’abord régler un certain nombre de problèmes notamment l’éligibilité des pays vulnérables aux effets néfastes du changement climatique et d’autres sujets techniques.
En marge de la COP 27, les négociations ont en effet permis d’aboutir à deux résultats majeurs sur le front de la finance. Il s’agit d’un appel à la réforme des institutions financières internationales et la création d’un fonds pour les pertes et dommages. Ce dernier, obtenu grâce à une forte pression des pays vulnérables, des ONG ainsi que la société civile auprès des pays industrialisés, est perçue comme une avancée majeure.
De l’avis de certains experts, les pertes et dommages sont en passe de devenir un quatrième pilier de l’action climatique, aux côtés de l’atténuation, l’adaptation et le financement.
Malgré cette percée sur la question des pertes et dommages, les acteurs devront travailler davantage pour instaurer un climat de confiance.
