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Bénéfices record pour Exxon Mobil, Chevron, Shell, BP et Total 

Les géants pétroliers occidentaux peuvent dire un grand merci à Vladimir Poutine. Leurs bénéfices record en 2022  sont en partie le résultat de la crise de l’énergie née de la guerre engagée par la Russie contre l’Ukraine. Ainsi, ExxonMobil (56 milliards), Shell (40 milliards), TotalEnergies (36,2 milliards dont 16 en provisions) Chevron (36,5 milliards) et BP (27,7 milliards) ont tous vécu…

Les géants pétroliers occidentaux peuvent dire un grand merci à Vladimir Poutine. Leurs bénéfices record en 2022  sont en partie le résultat de la crise de l’énergie née de la guerre engagée par la Russie contre l’Ukraine. Ainsi, ExxonMobil (56 milliards), Shell (40 milliards), TotalEnergies (36,2 milliards dont 16 en provisions) Chevron (36,5 milliards) et BP (27,7 milliards) ont tous vécu une année faste, tirant profit d’un baril de pétrole qui est monté jusqu’à 128 dollars avant de redescendre pour se stabiliser à 80 dollars. 

Dans l’ensemble, les compagnies pétrolières des pays du Nord ont engrangé un bénéfice record de 220 milliards de dollars. C’est quasiment le double des résultats de 2021. 

Face à cette avalanche de chiffres heureux, les pays à l’origine des extractions du brut et notamment ceux d’Afrique sont restés muets alors que les pays d’où les pétroliers sont originaires envisagent des taxes extraordinaires sur les profits (Windfall Tax). C’est le cas de la Grande Bretagne où le PDG de BP, Bernard Looney, devra faire face à un parlement qui a augmenté la taxe sur le profit extraordinaire de 25 à 35% sans préjudice de l’impôt sur les sociétés (30%) et d’un supplément de 10%, portant le taux  d’imposition à 75%. 

Seulement, BP qui réalise à peine 10% de ses profits en Grande Bretagne y paiera 2,2 milliards de dollars de taxes dont 700 millions de dollars au titre de Windfall Tax.

En Afrique où les États cherchent à attirer le maximum d’opérateurs dans la recherche et l’exploration, l’on est encore aux incontournables “incitations fiscales” faisant partie des arguments dans la panoplie des concessions faites aux investisseurs. Les géants pétroliers y sont plutôt courtisés et ont l’embarras du choix face aux découvertes majeures sur la côte du Golfe de Guinée et le long de l’Atlantique. Devrait-on revenir à un front uni (projet porté par l’Organisation africaine des producteurs de pétrole) pour harmoniser les codes des hydrocarbures et s’entendre sur une approche fiscale commune ? 

Les idéalistes qui espèrent que ces bénéfices record serviront à accélérer la transition énergétique devront se résoudre à accepter la réalité économique. les rendements sont aujourd’hui deux fois meilleurs dans les énergies fossiles (15 %) que dans les énergies vertes (6 % à 8 %). Du coup, BP qui comptait réduire la part du fossile de 40% d’ici 2030 a revu ses ambitions à la baisse arguant de la forte demande en énergie fossile. L’objectif du géant britannique est désormais de verdir le bilan mais à 25% et ce ne sont pas les actionnaires qui seront les premiers à s’en plaindre. 

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