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Voitures électriques et Lithium: l’Afrique au centre des rivalités entre la Chine et l’Occident

Au forum Indaba Mining, qui se déroule à Cap Town, en Afrique du Sud, il n’est presque question que du Lithium, métal clé de la transition énergétique qui a vu son prix augmenter de 500% entre 2021 et 2022. Une envolée sous fond de rivalités entre la Chine et l’Occident et qui pourrait encourager l’exploration…

Au forum Indaba Mining, qui se déroule à Cap Town, en Afrique du Sud, il n’est presque question que du Lithium, métal clé de la transition énergétique qui a vu son prix augmenter de 500% entre 2021 et 2022. Une envolée sous fond de rivalités entre la Chine et l’Occident et qui pourrait encourager l’exploration notamment en Afrique, sous investie comparée à l’Australie et à l’Amérique du Sud. e l’Australie, le Chili, la Chine et l’Argentine devront être détrônés par le continent africain, terrain de course entre les géants chinois et les firmes occidentales. Sachant qu’en 2035, plus aucune voiture à essence ne sera mise sur le marché européen, l’on voit tout l’intérêt des gouvernements africains à encourager la recherche de ce métal et des métaux critiques en général.

Selon les analystes de Standard & Poors, l’offre de lithium sera au maximum de 636 000 tonnes pour une demande de 641 000 tonnes, ce qui révèle une tension extrême sur la demande. D’où l’optimisme des pays africains comme le Zimbabwe, la Namibie, le Mali et bientôt le Ghana, principaux producteurs de lithium aujourd’hui en pole position.

Le premier a interdit depuis décembre l’exportation brut du lithium. Le deuxième insiste sur la valorisation préalable avant exportation. Quant au Mali, il sera exportateur du « pétrole blanc » en 2024 à partir de la mine de Goulamina, dans le sud du pays. Ce projet de 225 millions de dollars né d’une joint venture australe-chinoise semble épouser le schéma classique d’une extraction tournée vers l’export. Selon les données de l’étude de faisabilité, Goulamina devrait produire annuellement en moyenne 726 000 tonnes de concentré de spodumène sur une durée de 21 ans, avec un pic attendu à 880 000 tonnes par an.

Seul hic, l’absence des industries de traitement et de raffinage en Afrique. Sous pression constante au niveau de leurs réserves de change, ces pays résisteront-ils longtemps à l’offre chinoise, de loin le premier importateur de lithium ?

« Nous allons insister sur le fait que tout le lithium extrait dans le pays doit être traité dans le pays », a déclaré Tom Alweendo, ministre namibien des mines, en marge de l’Investing in African Mining Indaba au Cap. Des déclarations qui rassemblent pour le moment à un voeux pieux tant qu’il s’avère que ce pays est plutôt exportateur net du lithium brut. En décembre, le Zimbabwe a imposé une interdiction sur les exportations de lithium brut, une mesure visant à mettre fin à la contrebande de minerai de lithium et à inciter les mines à traiter dans le pays. « Nous avions prévu de n’autoriser que l’exportation de concentrés », a déclaré à Reuters Winston Chitando, ministre des mines du pays. « En raison de l’interdiction, d’autres investisseurs sont arrivés en voulant éponger les minerais de lithium et les développer jusqu’au stade du concentré. »

En attendant, les compagnies minières occidentales prennent position sur les gisements prouvés du continent. En République démocratique du Congo, le géant minier chinois Zijin est engagé dans une bataille juridique avec la société australienne AVZ minerals pour le contrôle de la mine de Manono, le plus grand gisement de lithium du monde, dans l’est du pays. Le conglomérat chinois BYD, basé à Shenzen, veut six nouvelles mines de lithium dans des pays africains non spécifiés. Au Zimbabwe, la chinoise Zhejiang Huayou Cobalt débloqué 300 millions de dollars pour le rachat de la mine Arcadia Lithium près de Harare, la capitale du pays. Objectif, construire une usine avec une capacité de traitement de 400 000 tonnes métriques de concentré de lithium par an. Pour sa part, la compagnie minière australienne Atlantic Lithium table sur la seconde moitié de 2024 pour l’entrée en production de sa mine de lithium Ewoyaa au Ghana (un investissement de 125 millions de dollars).

La production africaine de lithium est appelée à augmenter rapidement au cours de cette décennie. De 40 000 tonnes cette année, le continent produira probablement 497 000 tonnes en 2030, estime le négociant en matières premières Trafigura, la majeure partie de cette production provenant du Zimbabwe. Une évolution qui devrait bousculer la configuration du marché mondial des voitures électriques et de leurs composantes. D’après les analystes de Global Data, la Chine produit déjà 56% du total des batteries dans le monde et devrait couvrir 60% du marché automobile électrique d’ici 2030, grâce au contrôle de 70% de la chaîne de production de batteries. L’avance chinoise préoccupe actuellement les européens et les américains.  Pour y remédier, l’entreprise française Automotive Cells Company (ACC) a été créée en alliance entre Total, Stellantis (ex-groupe PSA) et Mercedes.

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