Après le Ghana, les portes de l’enfer s’ouvrent pour le géant nigérian avec une nouvelle dégradation de sa note souveraine.
Alors que l’économie ghanéenne est au bord du gouffre avec une dégradation de sa note souveraine par les principales agences de notation financière, c’est au tour du géant nigérian de subir le même sort. En effet, près de 11 jours après que Moody’s a dégradé sa note de défaut d’émetteur à long terme de « B3 » à « Caa1 », Standard & Poor’s vient enfoncer le clou.
L’agence américaine a décidé pour sa part (moins sévère que Moody’s) de reconduire la note de crédit souverain à court et long terme en devise locale et étrangère du Nigéria à « B-/B », mais a préféré révisé ses perspectives de « stables » à « négatives ». S&P a indiqué avoir pris cette décision du fait que la situation économique du Nigéria ne cesse de se dégrader et pourrait l’empêcher d’honorer ses engagements à rembourser sa dette d’ici 2025.
L’agence note que le deuxième producteur de pétrole du continent, qui tire ses principales ressources des recettes pétrolières, a vu sa production baisser au cours de l’exercice 2022, passant de 1,37 millions de baril par jour (mbpj) contre une prévision de 1,60 mbpj , soit une baisse de 17%. Une situation qui, souligne-t-elle, aura pour conséquence d’accroître le déficit budgétaire prévu en 2023.
« Nous pourrions abaisser les notations si les risques pesant sur la capacité du Nigéria à rembourser ses obligations commerciales continuent de s’aggraver, soit en raison de la baisse de la liquidité externe, soit d’une réduction de la flexibilité budgétaire », a alerté l’agence qui pourrait revoir sa copie face à la crise nigériane.
Un géant fragilisé ?
La première économie d’Afrique subit de plein fouet le ralentissement de l’économie mondiale avec la pandémie du coronavirus et les répercussions des effets de la guerre en Ukraine. Le pays le plus peuplé d’Afrique, pourtant deuxième producteur de pétrole (le pays a été détrôné par l’Angola pour la première place), ne tire pas assez des revenus du pétrole.
Au contraire, le Nigéria est confronté à une baisse de son offre de pétrole du surtout à des questions sécuritaires dans le pays. Selon les statistiques officielles, la production totale de pétrole et de condensats du Nigeria a chuté à un creux annuel de 1,18 million de bpj en août, soit moins que son quota OPEC de 1,8 million de bpj.
A cela s’ajoute la subvention du carburant par le gouvernement depuis les années 1970 pour garder des prix à la pompe artificiellement bas. Un système qui siphonne chaque année des milliards de dollars des caisses publiques, ce qui entraîne un accroissement constant du déficit budgétaire, obligeant l’Etat à emprunter davantage d’argent.
D’ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont plusieurs fois recommandé au Nigéria de supprimer ces subventions qui n’engendrent que des déséquilibres macroéconomiques avec une augmentation de la dette, qui devra atteindre 172 milliards USD en 2023, selon les prévisions.
