Le miracle ne s’est pas produit ce 31 janvier 2023. Le Ghana du président Nana Akufo-Addo, au pouvoir depuis janvier 2017, n’a pas honoré les attentes légitimes des détenteurs des coupons de sa dette. Les petits porteurs et les institutionnels locaux, restés sourds à l’appel au “patriotisme” consistant à renoncer à une bonne partie de leurs créances au nom de l’intérêt général, sont restés de marbre à l’ultimatum du 31 janvier sensé clôturer le programme d’échange des anciennes dettes contre de nouvelles dettes issues d’un plan de rééchelonnement fixé par l’Etat. Une nouvelle échéance est fixée pour le 7 février prochain. Le délai offert par ce quatrième changement devrait permettre au ministre des Finances de revisiter les classiques de la Science économique pour se convaincre que le bonheur public réside dans les égoïsmes individuels et non dans la bonté des agents économiques.
Quant aux investisseurs étrangers, détenteurs de 13 milliards de dollars de coupons des eurobonds du Ghana et de 4 milliards de dollars de dettes bilatérales, ils ont constaté le défaut et doivent trouver une solution à un risque souverain devenu toxique. Conséquence, le Ghana est tombé de Charybde en Scylla ou, pour coller à l’actualité, en Sri Lanka, pays ruiné par sa dette extérieure à la mi-2022 et qui a vu une foule en colère prendre d’assaut le palais présidentiel.
Face à une situation tendue, Bank Of Ghana poursuit depuis plusieurs mois une course folle d’augmentation de son taux d’intérêt. De novembre 2021 au 30 janvier 2023, l’institution centrale a catapulté son taux de référence de 1 450 points de base. La dernière en date remonte à il y a 24 heures avec une hausse du loyer de l’argent de 100 points de base portant le taux à 28%. Sur le front social, Accra s’est vu contrainte d’augmenter les salaires de 30%. Pendant ce temps, l’inflation a dépassé 50%, son pire niveau depuis 21 ans.
