La Banque africaine de développement (BAD) a procédé, jeudi 19 janvier, au lancement de sa première édition 2023 du rapport sur les Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique. Le document révèle que malgré de multiples chocs notamment la pandémie du coronavirus, la guerre en Ukraine qui a engendré une inflation galopante, et les impacts du changement climatique, l’Afrique a été résiliente avec des perspectives stables pour la période 2023-2024.
« Après la reprise remarquable en 2021 à la suite du choc de la Covid-19, les économies africaines ont connu un ralentissement en 2022 dû à de nombreuses difficultés » , indique le rapport, ajoutant que « la croissance moyenne estimée du produit intérieur brut (PIB) réel a ralenti, passant de 4,8 % en 2021 à 3,8 % en 2022, et devrait se stabiliser à 4 % en 2023–24 ».
Par ailleurs, le rapport révèle que toutes les régions du continent ont connu une croissance malgré un environnement économique difficile. L’Afrique centrale est la région qui a le plus enregistré de croissance avec un taux de 4,7%. Elle est suivie par l’Afrique du nord (+4,3%) ensuite l’Afrique de l’Est (+4,2%), et l’Afrique de l’ouest (+3,8%). Et enfin l’Afrique australe qui ferme la marche du podium avec une croissance de 2,5%.
Concernant l’inflation, la BAD soutient que les pays africains ont subi de plein fouet l’augmentation généralisée des prix. Ainsi, l’inflation moyenne des prix à la consommation a augmenté de 0,9 point de pourcentage pour atteindre 13,8 % en 2022 contre 12,9 % en 2021, soit le niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie.
L’inflation , souligne-t-elle, a été à deux chiffres dans 19 pays africains, avec les niveaux les plus élevés en Afrique de l’ est (25,3 %), en Afrique de l’Ouest (16,8 %) et en Afrique australe (13,2 %).
Les pressions inflationnistes en 2022 proviennent principalement d’une inflation importée due aux répercussions de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur les prix des denrées alimentaires et de l’énergie ainsi qu’à la persistance de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Selon les estimations, l’inflation moyenne devrait progressivement ralentir pour atteindre 13,5 % en 2023 et 8,8 % en 2024, un niveau inférieur aux 9,1 % d’avant la pandémie en 2019 et à la moyenne de 9,6 % entre 2014 et 2018.
Recommandations
L’institution panafricaine s’est montrée pessimiste quant à l’évolution de l’inflation et la hausse des prix mondiaux de l’énergie, entre autres, qui ont engendré des conséquences désastreuses pour l’Afrique. Selon ses estimations, 15 millions de personnes supplémentaires sont tombées dans l’extrême pauvreté sur le continent en raison de cette hausse et celle des denrées alimentaires en 2022, amplifiant ainsi l’augmentation de l’extrême pauvreté induite par la pandémie.
Face à la hausse de l’inflation et de la morosité de la croissance, la banque préconise aux Etats de prendre des mesures de politiques audacieuses. Sur ce, l’institution dirigée par Akinwumi Adesina fait 8 recommandations phases pour lutter essentiellement contre la crise économique.
Il s’agit de faire un resserrement opportun et agressif de la politique monétaire, d’une coordination efficace des actions budgétaires et monétaires, de renforcer la résilience par la stimulation du commerce intra-africain, d’accélération des réformes structurelles, d’amélioration la gouvernance institutionnelle, de réduire les déficits budgétaires structurels, et d’aider les populations vulnérables.
Basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, la BAD s’est fixée pour objectif principal de développer les économies africaines en finançant des projets socio-économiques structurants.
