Après deux ans de report dû surtout à la pandémie du coronavirus, le Forum économique mondial a rouvert ses portes, en début de semaine à Davos, petite station de ski des Alpes suisses sur le thème « Coopération dans un monde fragmenté ». Ainsi, grands décideurs économiques, chercheurs, experts, personnalités politiques, membres de la société civile, investisseurs … y échangent sur la situation économique mondiale. Ceci dans un contexte marqué par des incertitudes avec la pandémie du coronavirus, la guerre en Ukraine, le dérèglement climatique ou encore la guerre commerciale entre les Etats Unis et la Chine.
Face à un avenir incertain de l’économie mondiale où les puissances (occidentales, chinoise, américaine…) sont à la recherche de débouchés, l’Afrique veut offrir une opportunité aux investisseurs avec notamment la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Une position que le continent compte bien vendre.
Selon certains spécialistes, il est devenu un impératif d’accélérer la mise en œuvre de la Zlecaf afin d’attirer les investisseurs de Davos. Le secteur privé présent à ce forum, selon les statistiques, représente près de 1.000 entreprises de niveau mondial avec un portefeuille d’investissement de plus de 5 milliards USD.
D’ailleurs, les autorités africaines chargées de la Zlecaf ont commencé à travailler avec ces investisseurs depuis mai dernier. Dans cette optique, une initiative intitulée « le Forum des amis de la ZLECA » a été mise en place pour inciter les entreprises mondiales à soutenir ce marché unique.
Selon nos informations, les parties prenantes vont publier un rapport la semaine prochaine. Ce document montrera la manière dont ces entreprises ou les investisseurs internationaux peuvent accélérer sa mise en œuvre. En plus, le rapport va informer sur les véritables potentialités de ce marché qui vise essentiellement à renforcer l’industrialisation de l’Afrique et accroître les chaines de valeurs locales, sous-régionales et continentales.
Le bilan de la Zlecaf près de trois ans après son opérationnalisation
Opérationnelle depuis le 1er janvier 2021, l’accord de la Zlecaf tarde encore à avoir des effets concrets à cause de nombreux facteurs notamment la mise en place d’infrastructures. Ces dernières permettent une circulation beaucoup plus fluide des personnes et des biens.
Certains observateurs soutiennent que même s’il est difficile de faire un bilan avec des conditions qui ne sont pas réunies sur les plans financiers et infrastructurels, des préalables doivent être réglés. Ils estiment que les autorités devraient régler certaines questions notamment les règles d’origine avant de procéder prématurément à son opérationnalisation.
Cependant, les experts reconnaissent que la pandémie de la Covid-19, le confinement ainsi que la fermeture de certaines frontières ont retardé l’opérationnalisation.
Lancée en 2020, la Zlecaf pourrait permettre aux pays africains de faire sortir de l’extrême pauvreté 30 millions d’habitants et d’accroître le revenu de 68 millions d’autres personnes qui vivent avec moins de 5,50 dollars par jour, selon la Banque mondiale.
Sur les 450 milliards de dollars de gains potentiels, environ 300 milliards proviendraient des mesures de facilitation du commerce visant à lever les freins bureaucratiques et à simplifier les procédures douanières.
La mise en œuvre de la Zlecaf permettrait de mener à bien les réformes de fond nécessaires pour stimuler la croissance à long terme dans les pays africains.
