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Mali : la mine d’or de Morila dans une situation « d’insolvabilité imminente »

La compagnie aurifère australienne FireFinch a annoncé, le 14 décembre dernier, une possibilité d’insolvabilité imminente de sa filiale malienne Morila SA, évoquant un « risque réel et actuel ». Plusieurs sources renseignent que l’actionnaire principal a abandonné les sorts de la mine entre les mains des travailleurs, quelque temps d’ailleurs avant l’annonce. « La difficulté réelle de…

La compagnie aurifère australienne FireFinch a annoncé, le 14 décembre dernier, une possibilité d’insolvabilité imminente de sa filiale malienne Morila SA, évoquant un « risque réel et actuel ». Plusieurs sources renseignent que l’actionnaire principal a abandonné les sorts de la mine entre les mains des travailleurs, quelque temps d’ailleurs avant l’annonce.

« La difficulté réelle de Morila, aujourd’hui, c’est les créances », nous confie un employé sous couvert d’anonymat. « L’actionnaire principal, en partant, nous a laissé des créances avec plus de 44 milliards de F CFA. La mine de Morila a commencé le processus de redimensionnement de son effectif depuis quelques années et les 2.122 employés sont actuellement menacés car la mine peut fermer du jour au lendemain si l’Etat ne prend pas ses responsabilités », poursuit notre source.

La situation de cette mine est à l’image de plusieurs autres dans le secteur qui, apprend-on, sont dans des situations encore plus difficiles. Il s’agit notamment des mines de Sadiola, de Komana et de Tabakoto.

« Tout ce qui est en train d’être dit au sujet de l’or ne marche pas. L’Etat a créé SOREM S.A. (Société de recherche et d’exploitation de ressources minérales), mais pourquoi l’Etat ne vient pas prendre Morila avec ses compétences pour en faire une première expérience. Aujourd’hui, l’Etat a la capacité de prendre 2 ou 3 mines pour commencer la mise en œuvre de SOREM S.A. dont Morila, Yatela, Komana, etc… », susurre-t-on.

La société est détenue  20% par l’Etat du Mali.

Vers la distribution d’une liquidité de 38 millions USD

Dans son annonce du 14 décembre, la compagnie australienne a indiqué « qu’une revue stratégique sera menée au cours des prochaines semaines, avec le concours de la société Treadstone Resource Partners ». Selon les responsables de Firefinch, cette revue pourrait déboucher sur une proposition convaincante pour les actionnaires, après l’échec en novembre d’une opération de recapitalisation destinée à lui permettre de poursuivre ses opérations au Mali.

Par la suite, Morila Mine devra trouver une solution de concert avec les autorités locales qui mènent actuellement un audit des mines d’or maliennes. Pour le moment, les employés de la mine risquent de ne plus percevoir leurs salaires et les projets en faveur de la communauté, suspendus.

Notons que la compagnie Firefinch distribuera à ses actionnaires l’essentiel de ses liquidités restantes (38 millions USD), ainsi que sa participation de 17,6 % dans Leo Lithium, d’une valeur actuelle d’environ 103 millions de dollars australiens (70,7 millions USD).

Financial Afrik Premium