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Maroc : Des chercheurs de Bank Al-Maghrib analysent les déterminants de l’effort de relance en réponse à la crise de Covid-19

Dans un document de travail de Bank Al-Maghrib (BAM) daté de décembre 2022 et intitulé << Les déterminants de l’effort de relance en réponse à la crise de Covid-19>>, HAJJAJI Saida Economiste-chercheuse au Département Recherche de BAM et LAHLOU Kamal Responsable du Service Analyse des Politiques Publiques au Département Recherche de BAM, ont analysé les…

Dans un document de travail de Bank Al-Maghrib (BAM) daté de décembre 2022 et intitulé << Les déterminants de l’effort de relance en réponse à la crise de Covid-19>>, HAJJAJI Saida Economiste-chercheuse au Département Recherche de BAM et LAHLOU Kamal Responsable du Service Analyse des Politiques Publiques au Département Recherche de BAM, ont analysé les différents déterminants macrofinancier, social et sanitaire de l’effort de relance chez les pays émergents et en développement, dont le Maroc, pour faire face à la crise sanitaire de la Covid-19 qui a provoqué une forte récession économique jugée comme la pire depuis la seconde guerre mondiale.

Selon les auteurs de l’étude, au plan des analyses descriptives à partir de la base de données publiée par le FMI, il ressort que les pays à revenu élevé ont implémenté des politiques budgétaires plus importantes que les pays émergents et en développement et à faible revenu. De plus, ils ont constaté qu’il y a des disparités significatives également au sein du même groupe de pays. <>, soutiennent-ils.

En revanche, ils estiment que la récession économique observée durant l’année 2020 a contribué à l’augmentation de l’effort de relance. Les pays disposant de capacités financières ont dû soutenir les ménages et les entreprises pour faire face à l’arrêt de leurs activités. <. De plus, le niveau de développement du secteur financier, approximé par l’indice du FMI ou plus spécifiquement par le ratio des crédits sur le PIB, est une composante qui a positivement agi sur l’effort de relance ressortant significative dans presque tous les modèles estimés. <> soulignent Saida et Kamal.

Selon eux, l’économie mondiale continue de souffrir de plusieurs chocs déstabilisants. Après plus de deux ans de pandémie, les tensions géopolitiques issues de la guerre de l’Ukraine et leurs effets sur les marchés des matières premières, les chaînes d’approvisionnement et les conditions financières ont accentué le ralentissement de la croissance mondiale. Cette situation exacerbe également l’insécurité alimentaire et l’extrême pauvreté dans plusieurs pays. Des risques menacent toujours de faire dérailler une reprise économique très fragile. Parmi eux figurent notamment la persistance de la hausse de l’inflation et l’atonie de l’activité. <>, projettent Saida et Kamal.

In fine, les auteurs de l’étude estiment que les pays émergents et en développement font face à des arbitrages difficiles dans un environnement hautement incertain. D’une part, une réponse vigoureuse et de grande envergure est nécessaire, selon eux, pour stimuler la croissance et la création d’emploi, apporter un soutien aux groupes de population vulnérables et atténuer les impacts de long terme des chocs mondiaux de ces deux dernières années. <>, avancent-ils.

Plusieurs familles se sont retrouvées dans une situation de grande précarité ce qui a nécessité de la part des gouvernements une mobilisation rapide pour soutenir les populations dont les sources de revenu proviennent généralement des activités informelles. D’autre part, ils estiment que les conséquences de la guerre en Ukraine ont entraîné une nouvelle réduction des marges de manœuvre politiques, qui sont désormais beaucoup plus limitées par rapport au début de la pandémie. Ce contexte international très incertain incite particulièrement les pays émergents et en développement à accompagner la reprise de l’activité économique avec une certaine mesure afin de reconstituer les réserves budgétaire et monétaire et se prémunir contre d’éventuels chocs causés par l’escalade des tensions géopolitiques et l’intensification du stress hydrique.

De l’avis des deux cadres de BAM, avec la remontée des taux d’intérêt au niveau international, de nombreux pays émergents et en développement sont de plus en plus confrontés à des conditions de financement restrictives et au risque de surendettement. <>, soutiennent-ils. De même, avec la flambé des cours internationaux des produits de base, ils estiment que les gouvernements devraient en priorité cibler les populations pauvres et vulnérables pour préserver un accès équitable aux denrées alimentaires et maintenir la cohésion sociale. <<Néanmoins, cette politique ne pourrait être déployée de manière efficace que grâce à des dispositifs développés d’identification des différentes catégories socio-économiques de la population et surtout des groupes qui nécessiteraient des transferts monétaires directes>>, préconisent Saida et Kamal.

Ils estiment par ailleurs qu’une meilleure orientation des dépenses est à même de limiter la pression sur les finances publiques, fortement impactées par la crise sanitaire, et dégager ainsi des marges budgétaires suffisantes pour l’investissement dans les défis futurs dont particulièrement la rationalisation de la gestion de l’eau, la reconversion vers les énergies renouvelables et l’accélération de la digitalisation de l’économie.

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