L’amélioration de la desserte d’eau à travers le territoire national fait partie des priorités de la Cameroon Water Utilities Coporation (CAMWATER), l’entreprise publique chargée de la production et de la distribution de l’eau potable dont le conseil d’administration a approuvé un programme triennal d’investissement 2023-2026 d’un montant global de 988 milliards de FCFA (1,6 milliard de dollars). L’implémentation de ce plan de développement vise la réhabilitation des infrastructures existantes et la construction des nouveaux équipements, et devrait permettre d’améliorer l’offre en eau potable qui se situe autour de 50% actuellement.
Les difficultés d’approvisionnement en eau potable pour satisfaire un peu plus de 500.000 abonnés sont réelles du fait des dysfonctionnements techniques et opérationnels. Une situation qui fait dire à certains observateurs que la réalisation de ce plan d’investissement en vue d’améliorer l’offre en eau potable serait assimilée à une « révolution ». Depuis une dizaine d’années, Camwater n’avait plus entrepris des programmes d’investissement d’envergure, ce qui laisse croire que l’arrivée des nouveaux dirigeants, notamment le directeur général, Blaise Moussa, a permis à l’entreprise de redynamiser les activités de production et de distribution d’eau potable.
« Nous ressentons un petit changement dans la distribution d’eau potable, car depuis deux mois environ, l’eau a commencé de nouveau à couler en journée, ce que nous n’avons plus vu au cours des cinq dernières années », témoignent certains habitants de la ville de Douala. D’après ces derniers, « non seulement l’eau coule de plus en plus, mais la pression également est forte, notamment la nuit où tous les robinets coulent au même moment » ont-ils ajouté, en espérant que « le retour de l’eau n’est pas un feu de paille et que cette normalisation s’inscrit dans la durée ».
En effet, il est récurrent de voir des habitants de Douala, Yaoundé et d’autres villes du pays prendre l’assaut des forages, des puits, des marigots et autres sources d’approvisionnement de fortune à la recherche de l’eau. Une eau dont on peut émettre de sérieuses réserves sur la potabilité, mais l’insuffisance de l’offre en eau potable pousse malheureusement la population à se ravitailler comme elle peut pour étancher sa soif.
Selon les chiffres compilés du ministère de l’Energie et de l’Eau, la Camwater compte 96 stations de traitement et 32 stations de reprise pour une capacité installée de 824 456 m3/jour et d’une capacité totale de stockage de 267 834 m3. Mais le mauvais état desdites infrastructures limite la capacité opérationnelle de l’entreprise, engendrant régulièrement des coupures d’eau surtout qu’en même temps Camwater fait face à une forte demande en eau potable due à la pression démographique.
Des désagréments qui ont commencé à trouver des solutions idoines depuis quelque temps au regard de l’amélioration enregistrée dans la distribution d’eau potable dans les ménages ce qui laisse croire que l’implémentation du nouveau programme d’investissement permettra si ce n’est d’éradiquer, de les réduire à leur simple expression.
