L’Afrique veut améliorer son plateau technique pour garantir la santé et le bien-être de ses populations par la mise en place et à disposition de solutions nouvelles adaptées au continent. Les professionnels du secteur ont mené la réflexion à Abidjan lors de la 3e édition de la biennale ‘’Africa Santé Expo’’ tenue du 1er au 4 décembre 2022.
Le continent compte bien se donner les moyens de produire ses besoins en médicaments et au-delà, renforcer son plateau technique avec des solutions nouvelles qui lui sont adaptées, pour la santé et le bien-être de ses populations. C’est donc, pour désormais donner une riposte africaine aux fléaux comme le paludisme, la mortalité maternelle et néonatale, et la défaillance de plateau technique que les acteurs de l’écosystème de la santé se sont retrouvés à Abidjan en Côte d’Ivoire du 1er au 4 décembre dernier. Pendant quatre jours, la troisième édition de ‘’Africa Santé Expo’’, le colloque scientifique sur la santé en Afrique a en effet servi de cadre aux médecins scientifiques, tradi-praticiens, pharmaciens, laboratoires médicaux, industries pharmaceutiques, pouvoirs publics, partenaires au développement et organisations non gouvernementales pour mener la réflexion autour du thème: « Santé Beauté et Bien-être : des solutions nouvelles adaptées à l’Afrique ».
Il s’agissait pour les participants de rassurer sur les acquis, mais également sur ce qui est envisagé pour l’amélioration de la santé et du bien-être des populations en Afrique. Dr Linda Bouboutou Kaboré, l’initiatrice de cette rencontre, a révélé, conformément aux recommandations faites lors de la deuxième édition de cette biennale, la mise en route des chantiers que sont l’introduction de la démarche qualité dans le secteur médical, la lutte accumulée contre les faux médicaments, le développement d’une agence de régulation pharmaceutique, l’amélioration du climat des affaires dans le secteur de la santé et la production des médicaments.
Booster et vulgariser l’industrie pharmaceutique
Selon les données 2021 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique ne représente que 3% de la production mondiale de médicaments. Elle importe près de 96% de tous les médicaments utilisés pour assurer la bonne santé de ses populations. Et la pénurie de médicaments et autres produits pharmaceutiques constatée lors de la crise du Covid-19 a mis à nue les risques liés à cette trop grande dépendance de l’extérieur. Le rapport 2019 de McKinsey révèle d’ailleurs que pour une population estimée à 1,1 milliard, il n’existe qu’environ 375 fabricants de médicaments implantés en grande partie en Afrique du nord, alors que dans la partie subsaharienne, seuls 9 pays sur 46 disposent d’une industrie pharmaceutique aux normes internationales. Ce sont entre autres la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Nigéria, le Ghana, le Kenya…Pour réduire ce gap, en 2021, une résolution de l’OMS parrainée par l’ensemble des pays africains a mis en route le renforcement de la production locale avec des solutions adaptées à l’Afrique. C’est donc pour rester conforme à cette ligne directrice que l’édition 2022 d’Africa Santé Expo a essentiellement planché sur les mécanismes qui vont vulgariser et booster cette production locale et au-delà, améliorer le plateau technique par la mise en place d’innovations technologiques.
Un vaccin pour éradiquer le paludisme
En 2020, l’OMS a estimé le nombre de décès palustres dans le monde à 627 000 cas, dont environ 93% en Afrique subsaharienne. Le paludisme reste donc l’un des plus grands tueurs dans la partie subsaharienne du continent africain. La rencontre d’Abidjan a préconisé la vulgarisation du vaccin contre cette maladie pour l’enrayer définitivement en Afrique où elle est la première cause des consultations, avec un risque de décès plus élevé chez les enfants de moins de cinq ans et chez les femmes enceintes.
Industrialiser la médecine et la pharmacopée traditionnelles
En termes d’innovations adaptées à l’Afrique, l’une des recommandations d’Africa Santé Expo est d’améliorer la qualité et l’offre de soins de la médecine traditionnelle. Ainsi, à l’instar de certains pays de la sous-région ouest africaine, notamment le Ghana (1975), le Mali (1989 ) et le Burkina Faso (2020), la Côte d’Ivoire va se doter d’un Institut national de recherche en médecine traditionnelle. Cet institut qui sera logé à Agou, localité située à 65 Km d’Abidjan, a pour objectif principal d’intégrer la médecine traditionnelle dans le système national de santé, en collaborant avec la médecine conventionnelle, en améliorant la couverture des besoins sanitaires de la population et en assurant un bon exercice de la médecine traditionnelle.
Ce centre comprendra un jardin national, une unité de recherche, une unité de soin en médecine traditionnelle et des départements (Recherche- Production-Clinique-Informations scientifiques et formations – santé et communautaire). Le coût global du projet est de 24,5 milliards de FCFA.



