Près de 18 mois après l’inculpation de l’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ainsi que plusieurs de ses hommes de confiance (ministres, hommes d’affaires …), le dossier risque de connaître une nouvelle tournure. En effet, la cour suprême a confirmé, mardi 13 décembre, que l’affaire sera portée devant le tribunal de la corruption. Une décision qui vient mettre fin aux différents recours introduits par les avocats des accusés.
L’instance a également acquitté un homme d’affaires et levé la saisie des biens de certains des accusés, selon une source judiciaire.
Mohamed Ould Abdel Aziz, 65 ans, a plusieurs fois nié les accusations qu’il qualifie de “règlement de comptes”. L’ex-homme fort de Nouakchott a pointé du doigt son successeur, Mohamed Ould El-Ghazaouani, de vouloir l’empêcher de revenir aux affaires pour diriger le pays à nouveau. Il est notamment accusé, par le parquet, des faits de corruption, de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite, de dilapidation de biens publics, d’octroi d’avantages indus et d’obstruction au déroulement de la justice.
Même si Aziz soutient que son ex-dauphin utilise la justice pour le « liquider », d’autres par contre soutiennent que depuis l’alternance, un nouveau vent souffle pour le pouvoir judiciaire.
Pour rappel, Ould Abdel Aziz est arrivé au pouvoir en 2008 par un coup d’Etat militaire. Il a par la suite été élu en 2009 et réélu en 2014 président de la Mauritanie, un pays de l’Afrique de l’ouest qui compte 4,5 millions d’habitants.
Ne pouvant pas se présenter à un troisième mandat, il désigne l’actuel président Ould El-Ghazaouani pour lui succéder à la tête de l’Union pour la République (UPR). Ce dernier se présente et remporte le scrutin présidentiel avec 52,01% des voix. Et est investi le 1er août 2019 comme nouveau chef de l’Etat de la République Islamique de Mauritanie pour un mandat de cinq ans.
