À l’ouverture de la conférence sur la titrisation organisée le 30 novembre à Lomé (Togo) par Deloitte et Asafo & Co, trois chiffres étaient en équation.
Il y a d’abord le volume de l’activité, estimé à 1000 milliards de Franc CFA en dix ans dont la grande partie réalisé sur les quatre dernières années. Mais, face à cette grandeur respectable atteinte sur douze opérations, deux autres données sont à analyser. En tout premier lieu, la profondeur du marché de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA) estimée à 17 000 milliards de FCFA lors des projections de départ bien avant le cadre légal. Le potentiel est relevé désormais à 55 000 milliards de FCFA.
L’attractivité de cet instrument reste son principal atout, comme l’a souligné Pascal Agboyibor, managing partner Asafo & Co. «La titrisation est une technique qui permet d’obtenir le financement par l’émission du titre avec un taux d’intérêt très bas ».
L’activité qui consiste à émettre des titres sur un portefeuille de créances logé dans un véhicule spécifique reste encadrée par un cadre légal garantissant l’équilibre entre le cédant et l’investisseur. Le système de notation joint au rapport indépendant de l’auditeur et à un encadrement strict atténuent le risque. Comme l’a déclaré le ministre togolais de l’Economie et des Finances, Sani Yaya, «la qualité des créances titrisées est un élément très important pour assoir la confiance des opérateurs économiques, des investisseurs qui ont de la liquidité et qui souhaitent investir ».
Au vu du potentiel, les acteurs doivent selon l’opinion des participants au forum sur la titrisation, élargir la base des investisseurs pour éviter le risque de concentration. Les 4 sociétés de gestion de fonds communs agrées en zone UEMOA (Africa Link Capital, BOAD Titrisation, Joseph Titrisation et KF Titrisation) se préparent sans doute à une plus grande concurrence.
