Le taux d’inclusion financière ou taux global d’utilisation des services financiers (TGUSF) dans l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) s’est établi à 67,2%, selon le Rapport annuel sur la situation de l’Inclusion Financière dans l’UEMOA au cours de l’année 2021 élaboré par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) basée à Dakar (Sénégal).
Par rapport à son niveau de 2020 où, il se situait à 63,7%, le taux d’inclusion financière a enregistré une évolution de 3,5 points de pourcentage.
L’institut d’émission précise que ce taux a été affiné, pour tenir compte du problème de multi-bancarité observé dans l’Union, dans l’attente de la mise en place d’un système d’identification unique des usagers des services financiers dans l’UEMOA. Cette multi-bancarité se manifeste par la détention, par une et même personne, de plusieurs comptes, dans une ou plusieurs institutions financières.
<<Les innovations introduites par plusieurs fournisseurs de services financiers avec l’utilisation des technologies pour enrôler de nouveaux clients, combiné à l’utilisation de la monnaie électronique, avec l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs, ont fortement contribué à l’amélioration du taux global d’utilisation des services financiers>>, souligné la BCEAO. En effet, certaines institutions ont noué des partenariats avec les opérateurs de monnaie électronique, en vue de proposer des services financiers, relatifs à l’ouverture de comptes d’épargne et l’octroi de microcrédits aux populations. Selon la Banque Centrale, l’avènement des partenariats entre les FinTech et les banques a entraîné une concurrence accrue au niveau du secteur, favorisant l’ouverture de plusieurs nouveaux comptes de monnaie électronique.
En 2021, le taux d’utilisation des services de monnaie électronique est ressorti à 59,4% contre 48,9% une année plus tôt. Au Burkina, le programme de filets sociaux du gouvernement, qui consiste à verser une aide humanitaire aux populations déplacées du fait de l’insécurité, a entraîné l’augmentation, de plus d’un million d’unités, du nombre de comptes de monnaie électronique actifs.
Le rapport de la BCEAO indique que le taux d’inclusion financière le plus élevé est observé au Togo (85,7%), suivi du Bénin (85,5%), de la Côte d’Ivoire (82,2%), du Burkina (81,4%) et du Sénégal (77,8%). Le Niger, avec un taux de 14,3%, affiche la performance la moins élevée. <<D’une année à l’autre, souligne la BCEAO, la Guinée-Bissau a enregistré l’évolution la plus significative, avec 20,4 points de pourcentage (pp), grâce au dynamisme amorcé par la monnaie électronique au cours de ces dernières années.>> Elle est suivie par le Mali (6,3 pp), le Burkina (6,0 pp) et la Côte d’Ivoire (3,1 pp). Un repli de 0,8 pp est observé au Niger au cours de la période.
<<L’analyse comparée de l’évolution de l’accès et de l’utilisation des services financiers par les populations révèle un accroissement moins rapide de la demande des services financiers par rapport à l’offre>>, souligne la BCEAO. Elle estime par ailleurs que le rythme de progression diffère d’un secteur à l’autre. Le secteur bancaire et celui de la microfinance ont enregistré des hausses plus importantes au niveau de la demande des services financiers. Cette situation pourrait s’expliquer, selon l’institut d’émission, par les stratégies digitales adoptées par certains établissements bancaires et institutions de microfinance pour rendre accessibles leurs produits et services aux usagers.
Concernant les autres indicateurs d ’utilisation des services financiers, le taux de bancarisation strict (TBS), a enregistré une hausse de 2,8 pp entre 2020 et 2021, passant de 19,0% à 21,8%. Deux années plus tôt, cet indicateur se situait à 17,6%. <<Cette progression du TBS est principalement liée aux stratégies digitales adoptées par certaines institutions fournisseurs de services financiers, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo>>, précise la BCEAO qui ajoute que ces dernières ont développé des partenariats avec des établissements de monnaie électronique, en vue de rendre les services financiers plus accessibles aux populations.
Au niveau des pays, le Bénin affiche le taux de bancarisation strict le plus élevé (34,7%), suivi du Togo (30,1%) et de la Côte d’Ivoire (26,1%). En termes de progression, la Côte d’Ivoire enregistre la plus forte hausse avec 5,6 pp, suivie du Bénin (3,5 pp) et du Togo (3,1 pp). Ces évolutions ont été principalement favorisées par les stratégies digitales adoptées par Orange Bank en Côte d’Ivoire et UBA au Bénin, qui ont offert la possibilité aux consommateurs d’ouvrir des comptes d’épargne, directement associés à leurs portefeuilles de monnaie électronique, signale le rapport de la Banque Centrale. Au Togo, l’introduction, au niveau de la Poste, d’un nouveau produit innovant dénommé “ Compte ECO CCP ”, permettant aux usagers d’ouvrir des comptes d’épargne rémunérés à l’aide de leurs portefeuilles de monnaie électronique, a permis à cette institution d’enregistrer plus de 400 000 nouveaux comptes d’épargne.
Concernant le taux de bancarisation élargi (qui prend en compte, outre le TBS, la proportion de la population ayant un compte auprès des institutions de microfinance), il a enregistré une hausse de 2,8 pp, passant de 39,6% en 2020 à 42,4% en 2021. Cette évolution est principalement liée au TBS. La BCEAO note à cet effet qu’en dépit du lancement des activités de Bridge Microfinance en Côte d’Ivoire, en partenariat avec MTN Mobile Money et de BARKA FINANCES SA et PACIFIC FINANCE SA, agréés au deuxième semestre 2020 au Burkina le taux d’utilisation des services de microfinance est resté stable au niveau de l’Union.
Le taux de bancarisation élargi le plus élevé est observé au Togo (84,2%), suivi du Bénin (84,0%), du Sénégal (54,2%) et de la Côte d’Ivoire (37,9%). La Guinée-Bissau et le Niger affichent, respectivement, des taux de 16,5% et 13,0%.
D’une année à l’autre, indique le rapport de la BCEAO sur l’inclusion financière, la Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte évolution, soit 5,3 pp, suivie du Bénin (4,4 pp), du Togo (4,2 pp) et du Burkina (2,0 pp). Un repli de 0,8 pp a été observé au Niger, suite à la fermeture de plusieurs comptes au niveau des institutions de microfinance, consécutivement à la restructuration du secteur et à la situation sécuritaire du pays. Il en est de même au Sénégal (-0,8 pp) et en Guinée-Bissau (-0,5).
