Le fondateur de la plateforme Wari, Kabirou Mbodje, 58 ans, est dans les liens de la détention depuis le 4 novembre, rapporte le site sénégalais Walfadjri. Sous contrôle judiciaire depuis le 13 octobre suite à une accusation de viol prestement relayé par Le Parisien, Le Monde et l’AFP, l’entrepreneur franco-sénégalais a été entendu le 3 novembre par le procureur et mis en détention bien avant un éventuel procès. Le juge français estimant que le mis en cause dispose de suffisamment de moyens pour organiser sa fuite du territoire français. Cet emprisonnement à titre préventif bien avant que l’affaire ne soit vidée dans le fond est dénoncé par la défense du tycoon sénégalais.
Kabirou Mbodje est est soupçonné d’avoir commis trois viols lors d’une même soirée et un quatrième plus tôt dans l’année. Des accusations que l’homme d’affaires rejette fermement. Sa défense avance la thèse d’un complot organisée par des escort girls. Dans le journal sénégalais l’Observateur, l’avocat de l’accusé, Me Philippe Zeller, relève de nombreuses «coïncidences troublantes».
En difficulté ces dernières années sur les affaires, Kabirou Mbodje fait figure de précurseur en lançant Wari en 2008 avec un groupe de fondateurs avec lesquels il est en conflit devant les tribunaux ces dernières années. M. Mbodje a notamment été condamné à deux ans de prison, dont six mois ferme, par le tribunal correctionnel de Dakar pour « abus de biens sociaux » après un bras de fer judiciaire qui l’a opposé à d’ex-collaborateurs. Aujourd’hui, Wari n’est plus actif au Sénégal et ses points de vente ont fermé. Après deux tentatives avortées de rachat d’une banque au Togo et d’un opérateur télécoms au Sénégal, l’ancien leader de la tech a subi la dure loi du marché. Ce fait divers parisien complique la situation mais n’est en rien désespéré si l’on s’en tient à la défense de l’accusé convaincu de l’innocence de son client.


