De 49 milliards en 2020, les investissements directs étrangers (IDE) vers l’Afrique ont atteint 83 milliards de dollars en 2021. Ce qui permet au président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, de déclarer que le continent s’est redressé.
« L’Afrique s’est redressée en 2021. Les investissements directs étrangers ayant atteint 83 milliards de dollars, doublant les flux en 2020. L’Afrique est l’endroit où il faut être », a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse tenue jeudi 3 novembre en marge de l’Africa Investment Forum qui a lieu en Côte d’Ivoire. « En 2050, le continent comptera plus d’un quart de la population mondiale. L’Afrique possède les plus grandes sources d’énergie renouvelable au monde », a ajouté le Nigérian.
Il s’agit du carrefour même de l’investissement, selon Akinwumi Adesina. « Ne pas investir sur le continent est une erreur, car l’Afrique est la frontière de l’investissement dans le monde, aujourd’hui et à l’avenir. Investissez en Afrique aujourd’hui, profitez de son grand avenir ».
Si l’Afrique a besoin de 130 à 170 milliards de dollars par an pour combler le déficit d’infrastructures, cela montre clairement la priorité et la nécessité d’attirer et d’investir dans des infrastructures de classe mondiale, dira pour sa part Alain Ebobissé, le président d’Africa 50. Qui a malheureusement fait le constat de peu de sponsors, parfois, pour le financement de certains projets en Afrique.
A sa prise de parole, Mallam Samaila Zubairu, directeur général d’Africa Finance Corporation (AFC), a réaffirmé la volonté de son institution à appuyer la réalisation des infrastructures durables. Cependant, a-t-il souligné, les prêts infrastructurels doivent être gérés avec transparence aussi bien par le secteur public que le secteur privé. Car depuis le déclenchement des deux dernières crises (la pandemie Covid 19, la crise russo-ukrainienne), « il n’y a pas assez de liquidité disponible pour le monde », a reconnu Adesina. Qui soutient que l’Afrique n’a obtenu que 33 milliards de DTS sur 650 milliards de dollars. Toutefois, s’est-il empressé de reconnaître, ces DTS, appuyés également par l’institution qu’il dirige, peuvent être un outil de relance de l’économie africaine.
Pour sa part, Benedict Oramah, président d’Afreximbank, a affirmé que les choses sont en train de changer en Afrique. Pour lui, il parait impérieux de faire en sorte que les jeunes puissent convertir leur rêve en réalité. Malheureusement, dit-il, beaucoup de projets n’ont jamais vu le jour, alors qu’il faut encourager d’autres entrepreneurs à voir grand. Et d’indiquer que la banque aura besoin de 100 milliards de dollars dans les 10 prochaines années pour changer le visage de l’Afrique.
