Acculée par le Fonds monétaire international (FMI) pour dévaluer sa monnaie (livre égyptienne) afin d’obtenir un prêt de 3 milliards USD, l’Egypte est finalement passée à l’acte. Le gouvernement a annoncé que la Banque centrale (CBE) a dévalué, ce jeudi 27 octobre, le livre de 16% par rapport au dollar pour répondre à cette exigence et dans l’espoir de sortir le pays du marasme économique.
Avec la nouvelle dévaluation, la livre a plongé en sept mois de 46%, passant de 15,6 à 22,75 livres pour un dollar. Le pays qui connaît une inflation galopante, a également obtenu un montant de 5 milliards USD de partenaires internationaux et 1 milliard USD d’un fonds dédié par le FMI aux pays en développement, selon le Premier ministre Mostafa al-Madbouly.
Ce programme va courir quatre années et « sera soumis à l’accord du conseil d’administration du FMI en décembre pour être approuvé », a précisé M. Madbouly.
Pour sa part, l’institution a souligné que des négociations à Washington et au Caire, entre les deux parties, ont abouti à un accord pour des réformes et des politiques économiques globales soutenues par un prêt de 3 milliards USD.
Outre l’inflation, l’Egypte subit de plein fouet les effets négatifs de la guerre en Ukraine qui s’est aussi traduite par une dépréciation chronique de la monnaie et une fuite de capitaux vers l’étranger. Le premier importateur de blé (provenant essentiellement de la Russie et de l’Ukraine) au monde est l’un des pays les plus fragilisé par ce conflit.
Actuellement, le plus peuplé des pays arabes ne mise que sur les programmes d’aide du FMI pour sortir de la situation de crise. Mais beaucoup de spécialistes avertissent que l’institution de Bretton Woods ne se préoccupe que du remboursement de la dette égyptienne qui dépasse les 150 milliards d’euros. Et pourrait, à l’avenir, imposer des mesures d’austérités (diminution des subventions…) à supporter par plus de 70 millions de consommateurs égyptiens.
Pour rappel, l’Agence Moody’s avait classé l’Egypte parmi les cinq pays du monde les plus à risque de ne pas pouvoir rembourser leur dette extérieure.
