C’est officiel. Le premier ministre et prince héritier Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (MBS) ne sera pas présent au 31e Sommet Arabe d’Alger prévu les 1er et 2 novembre prochains. Les deux dates coïncident avec le 68e anniversaire du déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance, ce qui n’est pas sans augurer de la teneur des débats. D’ores et déjà, l’absence de MBS jette un coup de froid sur un sommet test pour la diplomatie algérienne incarnée par le vétéran Ramtane Lamamra, ministre des Affaires Étrangères.
Raison invoquée par l’Arabie Saoudite, des recommendations des médecins du jeune prince de 37 ans qui l’auraient déconseillé de prendre des vols de longue distance nuisibles, lit-on dans un communiqué des plus officiels, pour son «oreille moyenne». La délégation saoudienne sera donc conduite par le ministre des Affaires Étrangères, le prince Faisal Ben Ferhan Ben Abdallah Ben Saoud.
Autre présence ou absence à confirmer, celle du Roi Mohammed VI, qui a reçu son invitation à ce sommet le 27 septembre via le ministre algérien de la Justice, Abderrachid Tabi, qui a remis au chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, l’invitation signée du président Abdelmadjid Tebboune.
Alors que de nombreuses sources parallèles confirment la présence effective du Roi marocain, du côté des officiels c’est le silence tant à Rabat qu’à Alger sur la composition de la délégation marocaine attendue à ce sommet. Les deux pays ont une frontière commune fermée depuis 1994 et ont rompu leurs relations diplomatiques en 2021.
Initialement prévue en mars mais reporté pour cause de la pandémie de Covid-19, ce sommet aura plusieurs sujets dans l’ordre du jour, de la tenue des élections en Libye en décembre prochain à la sortie de crise au Yémen en passant par le retour de la Syrie au sein de l’organisation dont elle est exclue depuis 2022 ou encore le Barrage de la Renaissance qui oppose l’Ethiopie au Soudan et à l’Egypte.
Alger compterait inclure dans les thématiques la question de la normalisation avec Israël, un processus entamé par certains pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc) et ouvertement critiqué par Alger. Or le ministre algérien des Affaires Étrangères s’est vu conseillé par de nombreuses capitales arabes de concentrer ses efforts sur la redynomisation de l’action commune de la Ligue Arabe, une organisation disparue dans les relations internationales à cause des querelles internes. Déterminé à redevenir le pivot de la diplomatie Arabs-africaine, Alger conjuguera désormais diplomatie et militaire à la faveur de sa nouvelle constitution. D’où les efforts déployés pour la création du G4, nouveau regroupement sensé réunir l’Algérie, le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Éthiopie, soit les 4 « superpuissances» du continent. Notons que le président Macky Sall du Sénégal est l’invité d’honneur de ce sommet en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine (UA).
