La rentabilité des banques tunisiennes, qui a rebondi près des niveaux d’avant la pandémie au premier semestre 2022, devrait contribuer à atténuer les conditions d’exploitation plus faibles, mais les risques de crédit émergent, avec des indicateurs de qualité des actifs qui se détériorent déjà, indique Fitch Ratings dans un nouveau rapport.
Selon l’agence de notation, la baisse des charges de dépréciation et la hausse des taux ont entraîné une hausse de la rentabilité sur les six premiers mois de l’année, passant à 16%, contre 10% à la même période en 2021 et proche de son niveau de 2019 qui était de 17%.
Le rapport publié mercredi 12 octobre indique que la rentabilité devrait continuer à profiter des hausses des taux d’intérêt. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a relevé son taux directeur de 25 points à 7,25 % le 5 octobre et devrait procéder à de nouvelles hausses du fait de la persistance d’une inflation élevée et de la dépréciation du dinar tunisien à des niveaux record par rapport au dollar américain.
« L’inflation élevée, la hausse des taux et l’instabilité politique exercent une pression sur les emprunteurs, et le ratio moyen prêts dépréciés/prêts bruts dans les neuf plus grandes banques (à l’exclusion de STB Bank) a augmenté de 150 points de base pour atteindre 11,7 % à la fin du premier semestre 2022 (moyenne sectorielle : 13,1 %). ».
Fitch note également la dépendance du secteur bancaire à la note souveraine de la Tunisie (CCC) par le biais de détentions de titres d’État, de placements auprès de la banque centrale et de prêts au secteur public. L’exposition souveraine représentait 16 % des actifs du secteur à fin mai 2022, soit environ 0,9 fois les capitaux propres du secteur. Ce qui n’influe toutefois pas sur les conditions de liquidité qui se sont assouplies, ainsi que les dépôts des clients qui continuent d’affluer dans le système bancaire.
