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Cameroun : les entreprises préconisent une fiscalité incitative pour améliorer le climat des affaires

Les entreprises redoutent de nouvelles impositions au regard de la circulaire de cadrage budgétaire publiée par le gouvernement. Elles plaident pour un changement de paradigme fiscal en vue d’encourager l’investissement privé alors que se profile en novembre prochain, la session budgétaire consacrée à l’examen et à l’adoption de la Loi de finances 2023. Après plusieurs…

Les entreprises redoutent de nouvelles impositions au regard de la circulaire de cadrage budgétaire publiée par le gouvernement. Elles plaident pour un changement de paradigme fiscal en vue d’encourager l’investissement privé alors que se profile en novembre prochain, la session budgétaire consacrée à l’examen et à l’adoption de la Loi de finances 2023.

Après plusieurs mois de conflit ouvert, le Groupement interpatronal du Cameroun (GICAM) et la Direction générale des impôts (DGI) ont renoué le dialogue au cours d’une rencontre la semaine dernière à Douala. Objectif, recueillir les propositions du secteur privé pour l’amélioration du système fiscal en général et ses attentes pour le prochain exercice budgétaire en particulier.

Si le patronat a salué « la disponibilité et l’écoute dont fait preuve » l’administration fiscale, les chefs d’entreprise ont surtout relevé un certain nombre de griefs à l’encontre du fisc qui plombent le climat des affaires. Le GICAM a dénoncé entre autres, des cas où des entreprises se retrouvent à payer un impôt sur les sociétés équivalent à 40, 50, 60% voire plus du bénéfice brut, des cas où une entreprise en perte paie l’impôt sur le bénéfice sans oublier le fait où des entreprises se voient notifier des redressements exorbitants, dépassant parfois leur chiffre d’affaires.

Pourtant, « l’accès au contentieux fiscal requiert la mobilisation de fonds importants ce qui constitue un facteur de blocage pour celles qui n’en disposent pas et d’importantes immobilisations de trésorerie pour les autres, au point de bloquer en trésorerie pour les contribuables qui en disposent » a regretté le patronat.

Pour y remédier le GICAM préconise le changement de paradigme fiscal, avec un rapide retour à l’imposition des entreprises basé, non pas sur le chiffre d’affaires, mais sur le bénéfice réalisé ; l’implication du patronat, en amont de la préparation de la circulaire de cadrage budgétaire ; la prise en compte dans « la Loi des finances 2023 du contexte économique fait d’entreprises grandes, moyennes et petites, qui souffrent et manquent d’oxygène du fait de crises successives ces dernières années, au point de naviguer entre la baisse de l’activité pour certains, l’arrêt complet pour d’autres et du basculement dans l’informel pour d’autres encore » ; l’instauration d’un véritable climat de confiance dans le dialogue entre l’Etat et le secteur privé empreint de sincérité et de compréhension mutuelle.

Malgré un contexte difficile, le Cameroun table sur une croissance de 4% en 2023, alors que l’inflation se situe actuellement à 4, 6%, niveau jamais atteint depuis une dizaine d’années et supérieur à 3%, le seuil admis dans la zone CEMAC.

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