S’achemine-t-on vers une escalade dans le ciel déjà nuageux des relations entre la France et la Guinée équatoriale ? Si les relations entre les deux pays sont déjà suffisamment tendues au sujet de l’affaire dite des « biens mal acquis » où les plus hautes autorités équato-guinéennes sont poursuivies par la justice française, un autre front est en passe d’être ouvert.
Le gouvernement équato-guinéen ne va pas du dos de la cuillère pour accuser la Banque de France (BDF) d’orchestrer des manœuvres pour bloquer les virements bancaires, une situation susceptible d’asphyxier le pays. Au cours d’une « réunion de crise » organisée par le gouvernement, le vice-président de la République Teodoro Nguema Obiang Mangue a lancé « une alerte internationale sur l’inquiétude du gouvernement concernant le blocage des virements bancaires que subit le pays ».
Selon des informations officielles, « le vice-président de la République s’est exprimé avec force en apprenant que la Banque centrale de France a créé deux listes, l’une noire, comprenant les entreprises que la banque considère comme impropres pour être traitées par la BEAC et l’autre blanche, où figurent les entreprises et virements qui peuvent être effectués ».
Une levée de boucliers intervenue après « le retard et le blocage » des opérations du gérant des infrastructures des télécommunications de Guinée équatoriale (GITGE) menacé de coupure des services de fibre optique du fait « du prétendu non-paiement par la Guinée équatoriale ». Pour Malabo, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la lenteur de son virement au fournisseur est faite de manière délibérée.
Appelée à s’expliquer sur le retard et le blocage des virements, la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) a indiqué que la nouvelle réglementation sur les changes en vigueur depuis 2019 pourrait induire des retards sur les opérations de transferts des fonds. Une décision qui découle du sommet des chefs d’Etat de la sous-région en 2016 à Yaoundé avec la participation du Fonds monétaire international (FMI) et de la France, où il a été décidé de protéger les réserves de changes pour notamment éviter une dévaluation du Franc CFA. Faut-il le préciser, à travers la BEAC, les réserves des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont logées au trésor français.
Toujours est-il qu’ au-delà des informations fournies par la BEAC, les autorités équato-guinéennes restent convaincues qu’il s’agit d’une tentative de sabotage ourdie par la Banque de France. Des manouvres indique-t-on qui participent à ralentir les programmes de développement au point que la Guinée équatoriale se réserve d’en tirer toutes les conséquences de droit.




