Trois ans après l’incendie qui a ravagé des unités de production de la Société nationale de raffinage (SONARA) et alors que des procédures techniques et judiciaires complexes opposent les avocats, l’on ne sait toujours pas qui doit payer le sinistre. L’assureur Activa et le réassureur Swiss Ré sont peu bavards sur le sujet alors que des sources proches du dossier rappellent que la prime n’avait pas encore été payée par la Sonara au moment de l’incendie survenu le 31 mai 2019. Alors que la réponse devrait sortir des tribunaux de commerce, voilà que des députés et sénateurs, auteurs d’une enquête parlementaire menée à travers les membres du Réseau parlementaire pour la promotion des Assurances (REPPAS), s’invitent dans le dossier.
Les élus du peuple estiment que l’assureur, en l’occurrence ACTIVA assurances,, doit verser 200 milliards de FCFA (305) millions de dollars) à l’Etat du Cameroun au titre de l’indemnisation de la SONARA. Cette enveloppe représenterait plus de ¾ du montant attendu pour la réhabilitation de la raffinerie, soit 250 milliards de FCFA (405 millions de dollars). Si l’option exigée par la représentation nationale était retenue, il ne restera qu’à mobiliser 50 milliards de FCFA (76 millions de dollars) pour parachever les travaux.
L’initiative du parlement s’inscrit en droite ligne du chronogramme arrêté par les pouvoirs publics qui ont annoncé pour courant 2022, la réhabilitation/restructuration de la SONARA principalement adossée sur trois piliers : d’abord le redémarrage de la raffinerie dans la configuration finale du projet SONARA 2010 prévoyant l’extension et la modernisation des installations ce qui devrait porter la capacité de production de 2,2 millions de tonnes de barils par an à 3,5 millions de tonnes ; ensuite l’accomplissement préalable de toutes les mesures d’accompagnement devant tenir compte des résultats de l’audit et enfin l’exécution de cette option dans le cadre du Partenariat public/privé (PPP).
Cet investissement permettrait de remettre sur pied l’outil de production étant donné que l’incendie survenu le 31 mai 2019 a endommagé 7 des 13 des unités de production et consumé 10 millions de litres de pétrole brut. Depuis ce sinistre, en vue d’assurer le fonctionnement de la SONARA qui constitue l’unique raffinerie du pays, l’Etat a décuplé les importations du pétrole pour ravitailler le marché local et s’est engagé à rembourser la dette bancaire de cette entreprise publique à hauteur de 284 milliards de FCFA (430 millions de dollars) sur une période de dix ans.
