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L’Afrique sur la piste épineuse de l’énergie nucléaire

De l’énergie nucléaire, il en était question lors de l’audience accordée le 18 août 2022 par le premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute à son compatriote Enobot Agboraw, fraichement nommé secrétaire exécutif de la Commission Africaine de l’Energie Nucléaire. Nommé seulement début juin 2022 par le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki…

De l’énergie nucléaire, il en était question lors de l’audience accordée le 18 août 2022 par le premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute à son compatriote Enobot Agboraw, fraichement nommé secrétaire exécutif de la Commission Africaine de l’Energie Nucléaire. Nommé seulement début juin 2022 par le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, au terme d’un processus sélectif, le cadre camerounais veut donner réalité à un programme africain de l’énergie nucléaire qui se limite en ce moment à de régulières déclarations d’intention dans un contexte où, il faut le souligner, le traité sur la nonprolifération des armes nucléaires (TNP), perd du terrain.

« Avec le Premier ministre, nous avons parlé de ma vision à cette fonction (secrétariat exécutif de la Commission africaine de l’énergie nucléaire, auprès de la Commission de l’Union africaine) et de l’ambition que nous avons d’utiliser le côté positif de l’énergie nucléaire pour promouvoir le développement durable en Afrique », a déclaré Enobot Agboraw, en tournée de remerciement suite à son élection de haute lutte politique et diplomatique. A noter que le Cameroun, confronté à des pénuries régulières d’électricité, ne dispose d’aucune centrale nucléaire. L’utilisation de l’énergie nucléaire en Afrique se limite actuellement à l’Afrique du Sud dont 6% de l’électricité générée provient du nucléaire contre 90% pour le charbon. Mais depuis la fin des années 2010, un certain nombre de pays africains ont signé des engagements à développer le nucléaire civil mais jusque-là sans début d’exécution.

C’est le cas de du Kenya avec la la Kenya Nuclear Electricity Board (KNEB), qui a signé plusieurs partenariats dans son objectif de se doter d’une capacité nucléique installée de 4 000 MW en 2027. Beaucoup plus concrète, l’Egypte du président Abdel Fattah Al-Sissi qui a relancé le vieux projet de la centrale nucléaire d’El-Dabaa en partenariat avec la compagnie russe Rosatom. A terme, il s’agit de construire une centrale de quatre réacteurs, chacun d’une capacité de 1 200 mégawatts, dont la société russe doit assurer le fonctionnement pendant 60 ans. Ce projet connaît une nouvelle impulsion avec le lancement, début août, de la construction de la centrale d’El Dabaa entérinée par le ministre égyptien de l’Electricité et des Energies renouvelables, Dr Mohamed Shaker et le directeur général de la société russe Rosatom, pour un investissement évalué à 20 milliards de dollars. Reste qu’à quelques mois de la 27e conférence internationale sur le climat (COP27) en novembre 2022 prévue au Caire, ce projet nucléaire peut paraître paradoxal pour les militants de la non prolifération nucléaire.

Pour sa part, le programme nucléaire du Nigeria avance à pas de tortue depuis son indépendance. Mais la signature en 2018 d’un accord entre le gouvernement nigérian et l’entreprise canadienne StarCore Nuclear portant sur la fourniture de 23 petits réacteurs nucléaires installés dans plusieurs mini centrales nucléaires, réparties sur l’ensemble du territoire du Nigeria, constitue une avancée substantielle pour le huitième producteur mondial de l’or noir. A noter que le Niger voisin du Nigeria dispose de la quatrième réserve mondiale de l’uranium, principal combustible pour l’énergie nucléaire.

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