Moscou cherche-t-elle à asphyxier l’Union Européenne ?
Le gazoduc russe Nord Stream 1 suspendra ses livraisons vers l’Europe à partir du 31 août pour 3 jours. Une information tombée vendredi et qui a provoquée une forte hausse du contrat à terme du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, qui s’échangeait pour 249 € euros le mégawattheure (MWh) vers 11 h 50 GMT (13 h 50 à Paris), Un tel niveau, qui cache la crainte de pénurie de gaz à l’approche de l’hiver, n’a plus été observé en séance depuis les premières journées de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Raison de l’interruption invoquée par les russes : la maintenance des installations techniques. Son un communiqué de Gazprom, «Il est nécessaire de procéder à une maintenance toutes les 1.000 heures » de fonctionnement». «Les techniciens de Siemens participeront à l’opération », précise encore le géant russe en réponse à ceux qui assimilent ces interruptions à du chantage énergétique. Les livraisons reprendront à l’issue de la période de révision au rythme de 33 millions de mètres cubes de gaz par jour. Moscou fournit environ 40% des besoins de l’Europe. Un arrêt de livraison de 10 Jours en juillet avait relancé les craintes de pénurie de la part des européens inquiets du comportement de leur principal fournisseur à l’approche de l’hiver. Les envolées du prix du gaz constituent l’une des principales sources d’inflation dans le vieux continent. «Avant la crise du Covid, le gaz était à 17 euros par mégawatt-heure. Jusqu’à il y a quelques heures, il était à 240 euros par mégawatt-heure et depuis l’annonce de Gazprom, il vient de passer à 265 euros par mégawatt-heure », précise Damien Ernst, spécialiste en énergie et professeur à l’Université de Liège cité par I24.
