Nommé le 6 octobre 2021 au poste de premier ministre, Mohamed Béavogui est depuis le 16 juillet à Rome pour des raisons médicales. Au départ, l’exécutif avait invoqué un congé de 7 à 10 jours ouvrables. Mais, plus de 35 jours après ce départ en catimini de l’ancien patron du Fonds international de développement agricole (FIDA), le silence, toujours de rigueur des deux côtés, tant du côté du Palais Mohamed V que de la ville éternelle, commence à alimenter les conversations des salons de Conakry.
Il faut dire que le colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir, n’a pas perdu beaucoup de temps pour remplacer un premier ministre trop technocrate et pas assez politique à ses yeux. L’homme fort de Conakry a nommé le jour même du départ de Beavogui, un autre premier ministre, par intérim, en la personne de l’actuel ministre du Commerce de l’industrie et des PME, Bernard Goumou, un homme plus à l’écoute de l’ordre militaire. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a -t-il définitivement tourné la page Beavogui ?
Celui-ci souffrait en silence d’un poste ronflant de premier ministre réduit à un rôle de figurant avec la mise en place du Bureau de suivi des priorités présidentielles (BSPP). Le suspens n’est pas encore totalement levé.
« Le chef de Gouvernement a annoncé lui-même qu’il est parti pour faire des soins. Je pense qu’il faut respecter cela. On ne rentre pas clandestinement dans un Gouvernement, on n’en sort pas clandestinement », a déclaré le porte-parole du Gouvernement Ousmane Gaoual Diallo, dans une interview accordée à Africaguinee.com. La junte profitera certainement de l’anniversaire de son accession au pouvoir, le 5 septembre prochain, pour annoncer un nouveau gouvernement et un nouveau premier ministre.
