Touchée de plein fouet par l’inflation à l’image de plusieurs pays dans le monde, le Ghana a décidé de prendre le taureau par les cornes avant qu’il ne soit trop tard. Dans cette optique, le comité de politique monétaire (CPM) de la banque s’est réuni d’urgence le mercredi 17 août pour statuer sur la situation économique et apporter des solutions idoines.
Sur cette lancée, l’instance a annoncé avoir relevé son principal taux directeur de 300 points de base pour le porter à 22% afin de contenir l’inflation et faire face à la dépréciation chronique de la monnaie locale, le Cedi. Dans son communiqué, le CPM a indiqué que d’habitude les membres se réunissaient tous les deux mois mais pourvu que la situation soit alarmante, ils ont décidé de se réunir en urgence pour faire face aux fortes pressions inflationnistes sous-jacentes. Les autorités monétaires espèrent que cette fois-ci la forte hausse du principal taux directeur va contenir l’augmentation des prix. Selon l’agence nationale des statistiques, le plus grand producteur d’or et de cacao d’Afrique connaît une forte inflation depuis plusieurs années. Ce phénomène est accentué par la guerre en Ukraine où les prix des principales denrées alimentaires ont atteint des pics incroyables.
Si l’on se fie aux statistiques, au mois de juillet, l’inflation a augmenté pour le 11e mois consécutif à 31,7 %, son plus haut niveau depuis novembre 2003. Pour sa part, l’inflation alimentaire s’est élevée à 32,3 % sur la période considérée. Les coûts de transport, de logement et de carburant ont été les principaux moteurs de l’inflation au cours du mois dernier. De son côté, le Cedi a perdu plus de 25% de sa valeur d’une année sur l’autre et est la deuxième monnaie la moins performante au monde derrière la roupie sri-lankaise en 2022.
Face à cette conjoncture économique, plusieurs observateurs sont d’avis que le Ghana va connaître inévitablement une crise de la dette. Pour Razia Khan, économiste en chef pour l’Afrique et le Moyen-Orient à la Standard Chartered Bank, cette forte hausse du taux directeur ne va pas changer grand-chose, l’analyste conseillant aux autorités du pays de se rapprocher du Fonds Monétaire International (FMI) pour trouver des alternatives. Le pays de l’Afrique de l’ouest fait face à une situation économique très difficile qui se traduit par une dégradation de sa note souveraine par les trois principales agences de notation internationales, Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch. Actuellement, le gouvernement est sur le qui-vive et cherche la bonne formule pour trouver des partenaires et des bailleurs qui pourront l’aider à sortir du gouffre économique.
