L’Ethiopie a achevé la troisième phase de remplissage du réservoir de son barrage, Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), érigé sur le Nil Bleu, a annoncé le premier ministre Abiy Ahmed, vendredi 12 août, en marge d’une cérémonie de lancement de la deuxième turbine dudit barrage. « Nous avons répété à plusieurs reprises aux pays situés en aval, notamment l’Égypte et le Soudan, qu’en produisant de l’électricité, nous développons notre économie, ainsi que notre désir de voir nos citoyens qui vivent dans l’obscurité voir la lumière », a déclaré le premier ministre, Prix Nobel de la Paix en 2019 pour avoir mis fin aux hostilités avec l’Erythrée.
Le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), un ouvrage de 145 mètres de haut pour un investissement de 5 milliards de dollars, est source de tensions avec les voisins en aval du pays, à avoir l’Egypte et le Soudan, qui craignent des perturbations sur le barrage de Roseires de 280 MW au Soudan et le haut barrage d’Assouan en Égypte de 2 100 MW. Avec le GERD et ses réservoirs de 50 milliards de mètres cubes de capacité, l’Ethiopie compte devenir le plus grand exportateur d’électricité d’Afrique, avec une capacité projetée de plus de 6 000 mégawatts. L’on est encore loin de ces chiffes. Le barrage qui a commencé de produire l’électricité en février dernier sur deux turbines (sur un total de 13) produit à peine 750 mégawatts.
Réagissant à l’ »unilatéralisme » éthiopien, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, a adressé, fin juillet, une lettre au président du Conseil de sécurité de l’ONU, notifiant le rejet catégorique de son pays de la poursuite par l’Éthiopie du remplissage unilatéral du méga barrage du Nil sans accord sur le remplissage et l’exploitation. L’Égypte dit se réserver « son droit légitime, garanti par la Charte des Nations Unies, de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer et protéger sa sécurité nationale, y compris contre tout risque pouvant être causé à l’avenir par des mesures unilatérales éthiopiennes ». Pour l’heure, les négociations n’ont pas pu dégager un accord pérenne.
