Le président Ouattara plafonne les prix des produits de base et subventionne le carburant au risque de heurter l’orthodoxie libérale. Une stratégie coûteuse mais essentielle pour la préservation de la paix sociale.
L’effort est conséquent. L’Etat de Côte d’Ivoire (Ba3 par Moody’s et BB- chez S&P et Fitch) a accordé des subvention d’environ 500 milliards de F CFA, depuis le début de l’année 2022, pour le seul volet carburant. C’est ce que révélait le président Alassane Ouattara, le samedi 6 août 2022, dans le cadre de la commémoration du 62e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. De façon précise, indique-t-il, «pour chaque litre de gasoil que vous achetez à 615 F CFA, l’Etat de Côte d’Ivoire apporte une subvention de 469 F CFA. Pour le super, la subvention de l’Etat est de 285 FCFA pour chaque litre acheté à la pompe à 735 F CFA». Ces efforts conséquents sur le carburant, composante essentielle des prix, permet à la première économie de l’UEMOA d’atténuer la spirale inflationniste. «Je peux vous dire que c’est grâce à cette subvention de l’Etat que les prix des produits pétroliers en Côte d’Ivoire figurent parmi les plus bas de la sous-région», estime le chef de l’Etat.
En outre, la Côte d’Ivoire a plafonné temporairement les prix de plusieurs produits alimentaires de première nécessité tels que l’huile de palme raffinée, le sucre, le lait, le riz, la tomate concentrée, la viande de bœuf et les pâtes alimentaires.
Sur le long terme, l’accent est mis sur l’augmentation de la production locale du riz, du manioc, de la banane plantain, du sorgho, du maïs et du soja. Pour l’économiste Ouattara, il s’agit de stimuler l’offre pour répondre à la demande croissante et ainsi baisser les prix. A terme, l’objectif est d’atteindre la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire «nourrir nos populations essentiellement avec des productions agricoles ivoiriennes et à des prix accessibles ».
Reste à savoir si Abidjan parviendra à surmonter les difficultés inhérentes à une telle politique liées en petite à l’accès au foncier, au financement et à la faible productivité des coûts de facteurs en général qui avaient plombé les politiques d’industrialisation par substitution aux importations des années 60 et 70 ?
