Après que l’agence Standard & Poor’s a dégradé la note du Ghana dans la catégorie ultra spéculative (de B-/B à CCC+/C), c’est autour de l’agence de notation financière internationale, Fitch Ratings, de passer à l’acte. L’agence américaine a annoncé mercredi 10 août avoir abaissé la notation par défaut des émetteurs (IDR) à long terme en devises étrangères (LTFC) du Ghana, qui passe de « B- » à « CCC ».
Cette contre performance est essentiellement attribuée à la détérioration des finances publiques qui empêche le pays d’accéder aux marchés des euro-obligations. Ce qui entraîne à son tour une baisse significative de la liquidité extérieure.
Fitch a noté que cette absence sur le marché financier aura pour conséquence d’anéantir les nouvelles sources de financement extérieur. Ainsi, les réserves internationales tomberont à près de deux mois de paiements extérieurs courants (débits du compte courant) d’ici fin 2022.
Évoquant la dette, l’institution a indiqué que le Ghana était exposé à un risque élevé de surendettement et vulnérable aux chocs liés à l’accès au marché et aux coûts élevés du service de la dette. Le pays de l’Afrique de l’ouest, souligne-t-elle, devra faire face à 2,75 milliards USD de service de la dette extérieure en 2022, y compris l’amortissement et les intérêts, et à 2,8 milliards USD en 2023.
Fitch a souligné que l’accès au financement extérieur restera difficile, car le Ghana restera probablement bloqué sur les marchés des euro-obligations, qui étaient devenus une source régulière de financement externe pour le gouvernement.
Par ailleurs, l’agence de notation a projeté une croissance de 5,3 % en 2023 et un taux d’inflation moyenne annuelle de 22% en 2022 et de 16% en 2023.
À court et moyen terme, souligne-t-elle, la croissance se situera en moyenne entre 5 % et 6 %. Malgré cette reprise la stagnation continue du secteur pétrolier, l’incapacité à mettre en œuvre l’assainissement budgétaire et/ou des chocs mondiaux supplémentaires seront des risques pour la croissance.
