L’inflation atteint un record de 18 ans à 28,9 % en juin.
Le ministre ghanéen des Finances, Ken Ofori-Atta , qui frappe en ce moment aux portes du FMI alors que son président Nana Akufo-Addo promettait en 2017 de rompre avec les institutions de Bretton Woods, a protesté lundi suite à la décision de l’agence Standard & Poor’s de dégrader la note de son pays dans la catégorie ultra spéculative (junk bond).
Cette fois-ci, le ton est plus mesuré, l’argentier n’allant pas jusqu’à accuser les agences internationales d’être institutionnellement biaisées sur les économies africaines.
Dans sa décision rendue le 5 août, l’agence de notation S&P abaisse les notes de crédit en devises locales et étrangères du Ghana de B-/B à CCC+/C, en arguant des « options de financement limitées du gouvernement et des réserves externes et budgétaires limitées ».
S&P rejoint ainsi Fitch et Moody’s qui avaient respectivement abaissé la note de la deuxième économie de la CEDEAO en janvier et en février derniers de de B à B- et de B3 à CAA1. Ces opinions défavorables compliquent toute sortie du Ghana sur le marché international de la dette.
La banque centrale du Ghana a relevé son principal taux directeur de 550 points de base depuis la fin de l’année dernière pour freiner la spirale de l’inflation. Celle-ci atteint un record de 18 ans à 28,9 % en juin. La monnaie cedi s’est dépréciée de près de 30% sur la même période. La dette du pays atteint 76% du PIB.
Selon les estimations, de 2011 à 2020, le Ghana a utilisé les revenus pétroliers pour assurer le service de la dette. Ainsi, 74 % des retraits effectués au Fonds de stabilisation du Ghana ont servis au remboursement de la dette.
