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Guinée: la CEDEAO dos au mur après le volte-face de Mamadi Doumbouya

Conakry avait jusqu’au 1er août pour proposer un délai “raisonnable” de la transition.  Un accord avait bel et bien été trouvé le 20 juillet entre le président Bissau guinéen Umaro Sissaco Embalo, président en exercice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le colonel Mamadi Doymbouya, chef du Comité national…

Conakry avait jusqu’au 1er août pour proposer un délai “raisonnable” de la transition. 

Un accord avait bel et bien été trouvé le 20 juillet entre le président Bissau guinéen Umaro Sissaco Embalo, président en exercice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le colonel Mamadi Doymbouya, chef du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD)  au pouvoir en Guinée depuis un coup d’Etat perpétré en septembre 2021. 

Cet accord négocié à Conakry entre les deux leaders concluait à une réduction de la durée de la transition de 36 à 24 mois révèle Jeune Afrique.  Mais, face au long silence de l’homme fort de Conakry, le président Embalo a dévoilé le contenu dudit accord le 28 juillet en marge de la visite du président François Emmanuel Macron à Bissau. D’où le courroux de la junte  qui a construit son discours sur le refus des injonctions extérieures. 

Pour le  Colonel Doumbouya,  le plus important est dans le contenu et non la durée de la transition. Une rhétorique qui avait cours à Bamako jusqu’à ces derniers mois. Indiscutable maître des horloges à Conakry et, semble-t-il, des poursuites,  si l’on en croit Amnesty International et nombre d’ONG, qui dénoncent des arrestations arbitraires, le colonel Doumbouya a déclaré lors du conseil des ministres du 4 août que les “réformes entreprises” seront menées jusqu’au bout. “Il n’est  point question d’accepter qu’un quelconque rythme nous soit imposé”. 

Ces propos mettent la CEDEAO dos au mur. L’organisation sous-régionale avait émis  un ultimatum à la Guinée jusqu’au 1er août pour revenir à un délai raisonnable sous peine de sanctions économiques. Pour le Front National de Défense de la Constitution (FNDC), plateforme regroupant des partis de l’opposition et des organisations de la société civile, les sanctions seront salutaires.  “Le FNDC et ses alliées appellent la CEDEAO et toute la communauté internationale à prendre des mesures économiques et politiques fortes et ciblées afin de prévenir la pérennisation d’une dictature militaire, répressive et corrompue en Guinée”, annonce la plateforme, le 3 août, dans un communiqué.

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