Tombé cette semaine à 416 unités pour un dollar, le Naira (NGN) est au plus bas. Et ce en dépit du relèvement spectaculaire du taux d’intérêt de la Banque Centrale (CBN) passé à 14% depuis juillet, soit une hausse de 150 points de base depuis le mois de mai.
En plus du relèvement des taux, la CBN encourage les exportateurs à rapatrier le produit de leurs exportations et les nigérians de la diaspora à accélérer leurs transferts de devises par le biais d’une batterie d’incitations.
Ainsi, en février, la banque centrale nigériane a initié un programme RT200 FX de remise sur le rapatriement des recettes d’exportation non pétrolières. La directive stipule que ces exportateurs percevront 65 Nairas pour chaque dollar rapatrié. Les autres catégories percevront 35 Nairas pour chaque dollar rapatrié par le circuit officiel.
La CBN maintient en outre la politique “100 pour 100 pour la production et la productivité (PPP)”, la formule générale “Naira-4 dollars” et encourager la participation des 100 principaux exportateurs non pétroliers au programme RT200 FX.

Ces incitations n’ont pas pour le moment arrêté la tendance baissière de la monnaie nigériane. La raison de la chute du Naira est connue: une forte demande des devises et surtout du dollar devenu rare sur le marché des changes causé par l’inflation importée.
A l’instar de la plupart des pays africains, le géant ouest-africain est très dépendant de l’extérieur pour son alimentation. Sur le premier trimestre, les importations se sont chiffrées à 14 milliards de dollars (1500 milliards de Nairas).
A cette boulimie s’ajoute ce qu’il est convenu d’appeler le paradoxe africain: le Nigeria, pendant longtemps 8 éme producteur mondial de l’or noir, importe encore aujourd’hui la quasi-totalité de ses produits raffinés.
Une bonne nouvelle cependant, les réserves de change de la CBN ont augmenté de 620 millions de dollars durant le mois de juin grâce à la hausse du cours du pétrole brut. Des performances à relativiser puisque en l’espace d’une semaine le pays le plus peuplé d’Afrique a vu lesdites réserves s’éroder de 196 millions de dollars à cause de la volatilité du taux de change Naira/Dollar. Le pays dispose de 39 milliards de dollars de réserves soit 5 à 6 mois d’importations. Ces estimations du gouverneur de la CBN, Godwin Emefiele (photo) sont battues en brèche par des sources indépendantes qui parlent de réserves de plutôt 15 milliards de dollars.
