Des signaux précurseurs de défauts de paiement en série
Ce fut l’un des gros menus de la dernière réunion du G20 Finance tenue samedi 16 juillet à Bali et clôturée sans aucun accord substantiel entre les créanciers publics et privés. En attendant le sommet d’octobre, 9 pays africains ont vu les spreads de leurs dettes s’envoler de façon spectaculaire.
L’aversion naturelle des investisseurs face au risque et leur réflexe pavlovien à l’anticipation font qu’ils demandent désormais plus de gages avant d’acquérir du papier de la dette de ces 9 pays qui ont trop abusé des délices de Capoue.
Ainsi, au 20 juillet, la dette de la Zambie effrayait les investisseurs avec des spreads à 4 500 points de base au dessus des bons de Trésor de l’État américain, référence au calcul des taux d’intérêt payés par les pays émergents pour leurs emprunts en dollars. La Zambie qui est entrain de négocier un programme triennal de 3 ans avec le Fonds Monétaire International (FMI) est suivie de l’Éthiopie (3 800 pbs), pays considéré il n’y a pas longtemps comme la Mecque de l’insertion dans les chaînes de valeur de la mondialisation. Trop fragiles textiles ? Ensuite, arrive la révolutionnaire Tunisie (3 300 pbs), au regret de son investment grade (BBB) de 2011, le Ghana (1 874 pbs), oú là si vantée politique “one district, one factory” a accouché d’une souris, le Kenya (1 452 pbs) confronté à une monnaie en souffrance, l’Egypte (1 209), victime de sa dépendance au blé russo-ukrainien, le Gabon (1 122), suspendu au yoyo du baril de pétrole, l’Angola (1098) et sa faible diversification et le Nigeria (1087), première économie africaine sur le papier.
L’Angola fait l’objet de spéculations liées aux présidentielles du 24 août prochain qui verront le président Joao Lourenco (MPLA) face à une opposition déterminée à lui barrer la route. Quant à la Zambie, premier pays africain à faire défaut en novembre 2020 sous l’effet de la Covid, elle doit, en plus de convaincre le FMI, faire approuver un programme de restructuration vis-à-vis de ses créanciers. Lusaka traine une dette de 17 milliards de dollars dont 5,8 milliards vis-à-vis de Pékin. Ceux qui défraient de l’augmentation de la dette chinoise doivent cependant regarder se tous les côtés. Selon l’organisme britannique “Debt Justice”, les gouvernements africains doivent trois plus plus d’argent aux créanciers privés occidentaux qu’à la Chine, avec des intérêts deux fois plus élevés.
