Mardi 15 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

Cameroun : 317 milliards de FCFA pour subventionner le carburant au premier semestre 2022

La note liée aux subventions de carburant est fortement salée au terme des six premiers mois de l’année. Le gouvernement renseigne que l’Etat a dû débourser plus de 317 milliards de FCFA (486 millions de dollars) pour maintenir les prix inchangés à la pompe dont toute augmentation alourdirait l’inflation qui se situe déjà à 4,6%…

La note liée aux subventions de carburant est fortement salée au terme des six premiers mois de l’année. Le gouvernement renseigne que l’Etat a dû débourser plus de 317 milliards de FCFA (486 millions de dollars) pour maintenir les prix inchangés à la pompe dont toute augmentation alourdirait l’inflation qui se situe déjà à 4,6% selon le Fonds monétaire international (FMI), c’est-à-dire à plus de 3%, la norme communément admise dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Malgré ces subventions, l’on assiste depuis quelques jours à une pénurie de carburant, notamment le gasoil qui fait l’objet de spéculation et de renchérissement de coût dans certaines parties du pays. Des perturbations liées au circuit d’importation, d’autant que depuis l’incendie qui a ravagé en mai 2019 des installations de la Société nationale de raffinage (SONARA), l’unique raffinerie du pays, le Cameroun est contraint d’augmenter le stock des importations pour approvisionner le marché local.

Selon le gouvernement, ces subventions de l’ordre de 100 milliards de FCFA (153 millions de dollars) en 2021 ont explosé du fait des crises multiformes ayant entrainé la flambée du prix du baril de pétrole sur le marché international. Conséquence, ces subventions pourraient se situer autour de 600 milliards de FCFA (920 millions de dollars) en un an.

Lesdites subventions de carburant sont au centre de la discorde entre le Cameroun et le FMI, car pendant que Bretton Woods estime que l’Etat ne devrait plus supporter cette charge au risque de compromettre la réalisation du programme économique et financier objet d’une mission en juin dernier dans le cadre de la revue des accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), le gouvernement qui redoute des conséquences sociales que cette situation pourrait entrainer a indiqué avoir pris des dispositions « adéquates en vue d’assurer le paiement continu de cette subvention ».

Sans ces subventions insistent les pouvoirs publics, depuis janvier 2023, le litre d’essence à la pompe devrait passer d’une moyenne nationale de 700 à 1140 FCFA et celui du gasoil à plus de 600 à de 850 FCFA, soit une hausse cumulée d’environ 50 % susceptible d’entrainer une inflation galopante aux conséquences imprévisibles.

Partager :f????in

Financial Afrik Premium

Lisez la finance africaine comme un professionnel

Accès illimité à 30 000 articles, archives 2013-2026, magazine PDF mensuel, alertes mots-clés, base de données dirigeants et newsletters premium.

à partir de 9 € / mois · sans engagement