Le ministre des Finances de la République démocratique du Congo (RDC), Nicolas Kazadi, a informé de l’état jugé « performant » de mobilisation des recettes publiques par les régies financières, le 1er juillet 2022 au cours d’une réunion du conseil des ministres. Les chiffres font état d’une belle tenue des recettes, mais d’une forte hausse des dépenses également.
Selon le patron des Finances publiques, « plus de 1.087 milliards de francs congolais (plus de 500 millions USD) ont été mobilisés sur des prévisions des recettes budgétaires arrêtées à 1.047 milliards de CDF, soit un taux de réalisation de 104% ». Ce, pour le seul mois de juin 2022.
A croire le compte rendu du conseil des ministres présenté à la télévision nationale, Nicolas Kazadi a informé ses collègues que les régies financières consolident leurs efforts dans la perspective de l’atteinte de leurs assignations mensuelles. Ainsi, dans les détails, la Direction générale des impôts (DGI) a mobilisé 508,2 milliards de CDF, soit 125% sur les prévisions de 406,5 milliards de CDF; 304,2 milliards de CDF pour la Direction générale des douanes et accises (DGDA), soit 82% sur les prévisions de 370,7 milliards de CDF; et 274,9 milliards de CDF pour la Direction générale des recettes administratives, domaniales, judiciaires et de participation (DGRAD), soit 102% de ses prévisions arrêtées à 270,3 milliards de CDF.
Belle tenue de recettes…
Le conseil des ministres a noté, en outre, que le cumul des recettes au premier trimestre 2022 représente un total de 9.699,1 milliards de CDF, soit un taux de réalisation de 66% par rapport aux prévisions annuelles fixées à 14.790,7 milliards de CDF.
« Comparées aux recettes réalisées au premier semestre 2021 qui étaient de 5.402,4 milliards de CDF, il se dégage un écart positif de 4.315,1 milliards de CDF (plus de 2,150 milliards USD), soit une augmentation de 80%. Cette situation consolide ainsi la tendance haussière des recettes déclenchée depuis avril 2021 », a souligné le ministre des Finances.
Concernant les dépenses, les chiffres provisoires indiquent, pour le mois de juin 2022, un total de 2.057,1 milliards de CDF contre 8.781,4 milliards de CDF en cumul annuel.
Et forte hausse des dépenses
Selon Nicolas Kazadi, quelques facteurs contraignants justifient cette pression sur le Trésor Public. Il s’agit, entre autres, des dépenses dites exceptionnelles qui représentent 11% des dépenses effectuées en juin 2022 grâce à un paiement de plus de 68 millions USD en faveur de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), de l’accroissement des dépenses sécuritaires en raison de la guerre contre les terroristes du M23, des subventions de prix des produits pétroliers à la pompe de l’ordre de 58,2 millions USD en juin 2022.
Comparées aux recettes mobilisées, « il se dégage un solde déficitaire de 970 milliards de CDF », note-t-on. Il a été entièrement financé par les marges de trésorerie précédentes, notamment, celles d’avril 2022 dernier.
Par ailleurs, le ministre des Finances a fait remarquer au conseil des ministres que l’appui consenti à hauteur de 185 millions USD par la Banque mondiale dont a bénéficié le Trésor Public, vient compenser les dépenses publiques du secteur de l’éducation nationale réalisées dans le cadre de la gratuité de l’enseignement de base à travers le projet PERSE.
