L’implémentation du programme économique et financier conclu l’année dernière entre le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) est source de tension entre les deux parties. Des divergences apparues dans la conduite dudit dossier alors qu’une mission du Fonds séjourne actuellement au Cameroun dans le cadre de la revue des accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC).
Selon des sources proches du dossier, si de part et d’autre des efforts sont faits pour accorder les violons, la principale source de divergence réside au sujet des subventions sur les carburants. Le FMI a affiché son opposition contre cette perfusion de l’Etat au risque que les « subventions pourraient entrainer l’échec de la réalisation et de l’atteinte des objectifs du programme économique et financier ».
Ces quatre derniers mois, ce sont 120 milliards de FCFA (191 millions de dollars) que l’Etat a injectés pour la stabilisation de prix des carburants. Ce qui évite pour l’instant toute hausse des carburants qui pourrait entrainer une inflation généralisée. « Nous avons fait des évaluations au niveau du ministère. Elles ont montré que c’est en moyenne 500 milliards de FCFA (796 millions de dollars) qu’il faut prévoir pour que les Camerounais continuent de payer le prix actuel », a indiqué le ministre des Finances, Louis Paul Motazé.
Tenant compte des différentes crises qui impactent négativement sur les activités, les importations et la stabilisation des produits pétroliers pourraient davantage alourdir l’enveloppe et largement dépasser les 625 milliards de FCFA prévus cet exercice pour lesdites subventions conformément à la loi de Finances. Sans ces subventions des carburants, dès janvier 2023, le litre d’essence à la pompe devrait passer d’une moyenne nationale de 700 à 1140 FCFA et celui du gasoil à plus de 600 à de 850 FCFA, soit une hausse d’environ 40%, ce qui aurait entrainé une inflation galopante aux conséquences imprévisibles. D’après l’Institut national de la statistique (INS), le contexte économique laisse croire que l’inflation est en passe de dépasser le seuil de 3% communément admis dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
