Le projet d’implémentation des cryptomonnaies comme moyen de paiement en République centrafricaine prendra effectivement corps le 3 juillet 2022 avec le lancement officiel de Sangocoin, présenté comme l’essor d’un nouveau système monétaire numérique alimenté par la technologie Blockchain.
Selon les autorités centrafricaines, le Sango qui se veut « une initiative unique » comme l’ a indiqué le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera, est « catalyseur de la tokénisation des vastes ressources naturelles du pays, l’initiative économique la plus progressiste en Afrique et ailleurs ».
Autrement dit, il s’agit de « la stratégie ambitieuse visant à construire rapidement une économie performante (et qui) ne peut que s’appuyer sur les nouvelles technologies qui ont pris le monde d’assaut et ont permis à l’argent d’accéder à un autre niveau avec le bitcoin comme mot d’ordre ».
Selon toute vraisemblance, au-delà de la sous-région Afrique centrale, les autorités centrafricaines souhaitent impliquer un maximum de personnes à ce nouveau procédé de paiement censé apporter un coup d’accélérateur au développement.
Dans cette perspective, « si êtes prêts à explorer l’énorme potentiel des cryptomonnaies, à révolutionner votre vision de la richesse et la manière dont elle pourrait devenir tangible pour vous et les vôtres, vous êtes invités à participer à l’événement en ligne le plus révolutionnaire de l’histoire de la technologie Blockchain et du Web3 », a indiqué le 27 juin 2022 dans un communiqué, le ministre d’Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République Obed Namjio.
Malgré la farouche opposition des institutions monétaires sous régionales à la mise en œuvre de ce projet, en l’occurrence, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) en qualité d’institution d’émission monétaire dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et du régulateur du secteur bancaire qu’est la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), l’Etat centrafricain par ailleurs membre de tous ces organismes a décidé de poursuivre son projet d’instituer les cryptomonnaies comme moyen de paiement.
De l’avis des observateurs, l’on est parti pour un bras de fer dont l’on ne saurait prévenir des répercussions. Ainsi, près de deux mois après des démarches de la BEAC visant la tenue d’un conseil ministériel extraordinaire de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) pour statuer sur la question, la Centrafrique qui assure la présidence en exercice de cette structure y a jusque-là opposé une fin de non-recevoir.
Toutefois, l’évolution du dossier avec l’annonce du lancement officiel du Bitcoin par les autorités centrafricaines présage des rebondissements en perspective.
