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Sommet du G7 : les pays riches réaffirment leur volonté d’agir pour accroitre la sécurité alimentaire

De notre Envoyée spéciale en Bavière, Christine Holzbauer La guerre en Ukraine reste le principal focus du sommet du G7 qui a débuté ses travaux dimanche 26 juin à Elmau, en Bavière. De sources élyséennes, Financial Afrik a appris que la France, qui est à l’initiative de FARM (Food and Agricultural Resilience Mission), pousse en…

De notre Envoyée spéciale en Bavière, Christine Holzbauer

La guerre en Ukraine reste le principal focus du sommet du G7 qui a débuté ses travaux dimanche 26 juin à Elmau, en Bavière. De sources élyséennes, Financial Afrik a appris que la France, qui est à l’initiative de FARM (Food and Agricultural Resilience Mission), pousse en faveur d’un accroissement de la production agricole avec l’aide du FIDA dans les pays les plus vulnérables et, notamment, en Afrique.

Agenda chargé, cette semaine, pour les leaders des pays les plus riches de la planète avec le sommet du G7 qui s’est ouvert dimanche 26 juin à Elmau en Bavière (sud de l’Allemagne) et qui s’achèvera mardi 28 juin avec une conférence de presse d’Emmanuel Macron, le président français. Avant l’ouverture dans la foulée, mardi en début de soirée, du sommet de l’OTAN à Madrid, tandis que le Sommet des Océans, qui s’est ouvert samedi 25 juin à Lisbonne, s’achèvera également le 30 juin. C’est aussi à cette date que se clôture la présidence française du Conseil de l’Union européenne qui est succédée par la République tchèque (1er jullet-30 décembre)

Le Sénégal, à la tête de la présidence de l’Union africaine, est invité à ce sommet du G7 ainsi que l’Indonésie qui prend la présidence du G20 après l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Argentine. Ces pays participent, ce lundi 27 juin aux côtés des ONG, à deux sessions sur les sept prévues pendant les trois jours de ce sommet qui reste très focalisé sur la guerre en Ukraine et ses conséquences pour la sécurité alimentaire mondiale, ainsi que les approvisionnements en gaz et pétrole. La première est consacrée aux investissements dans le climat, l’énergie et la santé et la seconde à « notre résilience collective », c’est-à-dire à la fois les questions de sécurité alimentaire et celles de l’égalité femmes hommes qui restent un critère très important d’investissement pour le G7, en droite ligne avec les engagements pris au sommet du G7 à Biarritz en 2019.

Dimanche, peu avant le discours du président américain Joe Biden, la Maison Blanche faisait une annonce de taille à l’issue de discussions sur les partenariats internationaux et les investissements durables, précisant que le G7 allait débloquer 600 milliards de dollars dans les infrastructures « avec l’Afrique subsaharienne comme priorité majeure ». Ces investissements doivent être « compatibles avec nos grands objectifs d’aider nos pays partenaires à remplir les objectifs de développement durable », a-t-on précisé de sources élyséennes, sans toutefois citer nommément la Chine pas plus d’ailleurs que les Américains.

Concrétiser l’initiative « FARM »

Parmi les entretiens bilatéraux que le président français a eus, dimanche, figure sa rencontre avec le Premier ministre du Japon, Fumio Kishida, dont le pays va prendre la présidence du G7 après l’Allemagne. Emmanuel Macron a tenu à saluer le soutien que le Japon apporte à l’Ukraine et sa fermeté contre l’agression russe. Il a insisté sur l’importance de l’exemple donné par ce pays pour montrer que cette guerre n’est pas une question régionale ou européenne, mais un défi pour l’entièreté de l’ordre international et un risque pour la stabilité de tous. Les deux dirigeants ont dit leur engagement à poursuivre leur soutien à Kiev et à maintenir un haut niveau de pression sur la Russie. Ils ont également discuté des conséquences de la guerre pour la sécurité alimentaire mondiale et réaffirmé leur volonté d’agir de concert dans le cadre de l’initiative FARM (Food and Agricultural Resilience Mission).

Présentée le 24 mars par la France en marge du sommet du G7 à Bruxelles, cette initiative vise à limiter l’impact du conflit russo-ukrainien sur les marchés agricoles mondiaux. Emmanuel Macron entend maintenant faire entériner par ses pairs un ensemble de mesures pour continuer à fluidifier les approvisionnements au vu des difficultés grandissantes pour sortir les céréales d’Ukraine et la flambée des prix qui en est résultée. De sources élyséennes, on se réjouit qu’en travaillant avec l’OMC contre les restrictions d’exportations, la France ait réussi à s’assurer que le PAM (Programme alimentaire mondial) ait accès aux denrées alimentaires sans restriction, avec, également, un pilier de solidarité avec les pays les plus vulnérables.

Avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), qui est la banque agricole internationale, la France souhaite accroitre son soutien à plus long terme aux pays les plus vulnérables pour qu’ils puissent investir dans leur propre agriculture. « Le sommet du G7 va être un moment où ces travaux qui ont été conduits depuis le 24 mars vont pouvoir être présentés aux autres leaders. Un certain nombre d’entre eux se sont engagés financièrement pour soutenir la sécurité alimentaire dans le monde avec des financements conséquents mis sur la table. La France y prendra toute sa part, et le président de la République pourra, à cette occasion, faire des annonces pour s’intégrer dans une grande démarche que les Allemands, sous la présidence du G7, ont intitulée l’Alliance globale pour la sécurité alimentaire », a expliqué la conseillère de l’Elysée pour les affaires générales, Ombeline Gras.

Le rôle pivot du FIDA

Concernant les mesures concrètes qui seront annoncées en faveur du développement de la production agricole en Afrique, en partenariat avec le FIDA, et les montants qui y seront alloués, elle n’a pas voulu se prononcer mais a insisté sur la cohérence de la réponse des pays du G7 pour aider les pays les plus vulnérables à faire face à la crise. « Ce n’est pas juste la réponse à l’urgence et à la crise, mais aussi l’investissement de long terme que les pays riches veulent privilégier », a-t-elle indiqué en réponse à une question de Financial Afrik lors d’un briefing avant sommet. La France a décidé de s’appuyer sur le FIDA pour coordonner une « feuille de route » acceptée par l’ensemble des partenaires techniques au développement, les partenaires bilatéraux et les autres organisations financières internationales. « Le FIDA travaille actuellement sur cette feuille de route dans la perspective du sommet, laquelle a vocation à articuler l’ensemble des réponses. L’objectif étant de catalyser des investissements dans les pays africains notamment, mais aussi dans d’autres pays en développement afin qu’ils s’engagent dans une production agricole plus importante », a-t-elle martelé.

Cette augmentation de la production, notamment en Afrique, devra, toutefois, rester dans le cadre d’une agriculture durable « pour ancrer ces pays dans une trajectoire de long terme, de durabilité, en cohérence avec nos objectifs de respect de la biodiversité » a-t-elle encore précisé. Elle a notamment cité les projets qui sont portés dans le cadre de la Grande Muraille Verte « pour lesquels sur les 16 milliards d’euros promis par la communauté internationale, la moitié a déjà été engagée avec, encore, 8 milliards d’euros qui restent à engager. » Si les canaux financiers existent, il s’agit maintenant, -toujours selon cette source-, de remobiliser la communauté internationale. « Ça fait des années que la France est mobilisée, mais la communauté internationale s’était un peu détournée parce qu’il y a eu la pandémie, les questions climatiques, etc. Là, on se rend compte que la sécurité alimentaire, combinée aux enjeux de restauration des sols, de lutte contre la déforestation, sont les clés pour préserver cette sécurité alimentaire, l’emploi local et la stabilité de régions entières. »

Financial Afrik Premium