Le feuilleton tumultueux dans lequel est plongé le secteur bancaire en République démocratique du Congo (RDC) depuis quelque temps avec des « affaires » liées à la gouvernance vient d’écrire un autre épisode avec la décision de la Banque centrale du Congo (BCC) de placer sous administration provisoire, la filiale locale du groupe camerounais Afriland First Bank (AFB).
Cette décision selon le régulateur devrait permettre au comité de gestion désigné à cet effet, de proposer dans un délai maximum de six mois, un plan de redressement devant déboucher sur la restructuration de cet établissement bancaire.
« La Banque Centrale du Congo informe le public que, conformément aux dispositions des articles 41 à 48 de la loi N° 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit, Afriland First Bank CD S.A est mise sous gestion d’un comité d’administration provisoire », a indiqué dans un communiqué signé ce 20 juin 2022 par la gouverneure de l’institut de régulation, Malangu Kabedi Mbuyi.
La principale mission confiée à ce comité provisoire constitué de sept personnes dont un président, est « d’assurer la gestion courante de la banque, servir d’interface avec toutes les parties prenantes à la résolution de la situation de crise qui prévaut dans la banque et préparer dans un délai de 180 jours, le plan de redressement de Afriland First Bank CD ».
D’après des analystes, la décision prise par la BCC s’inscrit dans le prolongement des orientations de l’autorité monétaire nationale, le ministère des Finances ayant notamment indiqué lors d’un récent conseil ministériel « l’impérieuse nécessité d’une résolution ordonnée des difficultés actuelles notées » au sein de ce groupe bancaire.
Il s’agit précisent les mêmes sources, d’une affaire à rebondissement du conflit éclaté au grand jour l’année dernière opposant le conseil d’administration à l’ancien directeur général d’Afriland First Bank CD, accusé de « malversations ». Son éjection à la tête de l’entreprise a amené ce dernier à saisir la BBC qui le réhabilitera dans ses fonctions. Le retrait de son agrément par l’autorité monétaire nationale a laissé cours à une procédure judiciaire, plongeant des épargnants dans l’incertitude.
De quoi espérer pour les clients que le total de bilan de 48 millions de dollars au moment du déclenchement de ce conflit en 2021, à défaut d’être conforté a été au moins maintenu.
