Les pays africains ont enregistré des entrées d’investissements directs étrangers (IDE) record de 83 milliards de dollars en 2021, selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2022 de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) publié jeudi 9 juin. Cette manne représente le double du montant enregistré un an plutôt.
Cette forte évolution des flux d’investissement est plus remarquable en Afrique australe qui à elle seule totalise 42 milliards de dollars d’entrée de fonds, 8,2 milliards de dollars pour l’Afrique de l’Est et 14 milliards de dollars pour l’Afrique de l’Ouest. Les IDE en direction des pays de l’Afrique centrale sont restés stables avec 9,4 milliards de dollars. Seule l’Afrique du Nord a enregistré une baisse.
L’Afrique de l’Ouest a vu ses IDE augmenter de 48% à 14 milliards de dollars avec en tête le Nigeria qui a vu ses flux doubler pour atteindre 4,8 milliards de dollars, principalement en raison d’une recrudescence des investissements dans les secteurs pétrolier et gazier. Les accords de financement de projets internationaux dans le pays ont bondi à 7 milliards de dollars. Il est suivi par le Ghana dont les projets dans les industries extractives ont contribué à faire monter les IDE jusqu’à 2,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 39 % par rapport à 2020. Le Sénégal enregistre une hausse de 21% sur les IDE pour totaliser 2,2 milliards de dollars. Le pays a enregistré une hausse de 27 % des projets entièrement nouveaux annoncés.
En Afrique du Nord, les flux d’investissement vers le Maroc ont augmenté de 52 % pour atteindre 2,2 milliards de dollars en 2021 tandis que l’Égypte a vu ses IDE chuter de 12 % à 5,1 milliards de dollars. Malgré cette baisse, l’Égypte était le deuxième bénéficiaire d’IDE en Afrique.
Toutefois, ces 83 milliards de dollars d’IDE ne représentent toutefois que 5,2 % des IDE mondiaux, contre 4,1 % en 2020. Aussi, environ 45 % du total étaient dus à une transaction financière intra-entreprise en Afrique du Sud notamment un échange d’actions entre Naspers et Prosus au troisième trimestre 2021.
Selon la CNUCED, les plus grands détenteurs d’actifs étrangers en Afrique sont restés européens, menés par des investisseurs au Royaume-Uni (65 milliards de dollars) et en France (60 milliards de dollars).
Malgré la tendance globale positive des IDE sur le continent, le nombre total d’annonces de nouveaux projets est resté faible à 39 milliards de dollars, ne montrant qu’une reprise modeste par rapport aux 32 milliards de dollars enregistrés en 2020 – et bien en deçà des 77 milliards de dollars enregistrés en 2019.
Toujours selon rapport de la CNUCED, partant d’une base faible en 2020, les IDE mondiaux ont augmenté l’année dernière avec l’élan de l’activité en plein essor des fusions et acquisitions (M&A) et la croissance rapide du financement de projets internationaux en raison de financements lâches et d’importants plans de relance des infrastructures. .
