Le continent africain vit-il en marge de la planète ? Cette question a priori saugrenue tant il est vrai que l’Afrique fait bel et bien partie des cinq continents, n’enlève rien à sa pertinence au regard de la marginalisation dont elle fait l’objet, pas uniquement lorsqu’il s’agit des grands enjeux internationaux. Que ce soit les enjeux d’ordre politique, économique, social ou culturel, l’Afrique est rarement au centre des préoccupations.
La gestion des crises humanitaires à travers le monde le démontre à suffisance, l’un des derniers exemples étant la problématique de la gestion des réfugiés où le Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR) révèle dans un rapport publié le 1er juin 2022 que les 10 crises de réfugiés « les plus négligées » au monde sont en Afrique.
Pour étayer son assertion, cet organisme humanitaire s’appuie principalement sur trois critères : le nombre d’initiatives internationales pour trouver des solutions durables aux crises, l’attention médiatique accordée aux crises humanitaires en Afrique et le financement des besoins en vue de trouver des solutions aux crises existantes.
Le classement pour 2021 « témoigne de l’échec chronique des décideurs, des bailleurs de fonds et des médias à traiter les conflits et la souffrance humaine sur ce continent. Si une importante proportion de pays africains y figure habituellement (8 sur 10 en 2020), 2021 est la première année où toutes les dix sont en Afrique », a déploré l’Organisation non gouvernementale (ONG) dans son rapport.
Ainsi, la République Démocratique du Congo (RDC) constitue un « cas d’école de la négligence, figurant dans cette liste pour la sixième fois d’affilée » et arrive en tête avec 5,5 millions de personnes déplacées. Pourtant, « il s’agit d’une des pires crises humanitaires de ce siècle, et pourtant ceux qui, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Afrique, ont le pouvoir de changer cela, ferment les yeux sur les vagues d’attaques brutales et ciblées contre les civils qui brisent les communautés », a souligné le CNR.
Avec plus de 1,75 million de déplacés, le Burkina Faso en proie aux attaques djihadistes, arrive en 2e position, devant le Cameroun, le Soudan du Sud, le Tchad, le Mali, le Soudan, le Nigeria, le Burundi et l’Ethiopie.
Cette marginalisation du continent africain fait en sorte que des crises humanitaires qui auraient pu trouver des solutions pour peu que la communauté internationale s’en soit préoccupée se sont enlisées, contribuant hélas, à l’augmentation de la misère, de la famine, des épidémies, des morts, bref, à la destruction de l’Afrique.
