Le marché financier du continent se positionne de plus en plus comme l’un des acteurs majeurs du financement des économies africaines. A l’instar des pays asiatiques dont le marché financier a énormément contribué à leur essor, les bourses de valeurs mobilières africaines constituent un catalyseur pour le financement des économies du continent.
Leadership réaffirmé par l’Association africaine des bourses de valeurs (ASEA) qui organise du 1er au 2 juin 2022 à Douala, la métropole économique du Cameroun et principale place financière de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le 10e séminaire du Building African financial Markets (BAFM) dont l’objectif vise le renforcement des capacités opérationnelles des bourses africaines.

Au regard des enjeux du développement et de l’environnement économique international, le président de l’ASEA, par ailleurs directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), Edoh Kossi Amenounve, a insisté sur le rôle central des bourses dans le financement des économies en Afrique.
Les 25 bourses de l’ASEA desservant 37 pays africains et 3 institutions représentent plus de 2000 sociétés cotées en bourse, pour une capitalisation boursière totale de 1600 milliards de dollars, soit 60 % du Produit intérieur brut (PIB) du continent africain. Les bourses constituent dans ce cadre, des instruments privilégiés de financement des Etats à travers des émissions des titres publics « un outil de démocratie financière par excellence et de partage des richesses ».
Le modèle d’intégration de la BRVM pour l’Afrique de l’Ouest et celui de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) avec son régulateur unique, la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (COSUMAF) a été préconisé, une synergie d’actions qui apparaît comme « une source d’inspiration pour les autres régions du monde ».
Les travaux qui ont thématique centrale « Optimisation de la régulation comme levier de développement des marchés financiers africains » ont principalement pour objectif d’assurer le bon fonctionnement du marché financier en mettant un accent sur la transparence et l’intégrité ainsi que la protection des investisseurs et la stabilité des systèmes financiers. Il est question d’améliorer le cadre réglementaire en impliquant tous les acteurs du marché financier africain, notamment les régulateurs, les bourses, les dépositaires centraux, les courtiers, les émetteurs et les investisseurs.
« Les marchés financiers sont devenus avec l’accélération de la mondialisation et les avancées technologiques le reflet de la santé économique des pays, autant qu’un indicateur des évolutions politiques et géopolitiques. De ce fait, le développement et la stabilité des marchés financiers figurent parmi les objectifs stratégiques des Etats et des communautés économiques », a insisté le ministre des Finances Louis Paul Motazé.
De l’avis des experts, la répétition des crises économiques et leurs propagations en économie réelle ont convaincu l’ensemble des acteurs, de la nécessité de maintenir un dialogue permanent pour atteindre des objectifs de développement. Toutes choses selon le directeur général de la BVMAC, Louis Mbanga Tollo qui constituent « un événement d’une importance avérée », les premières assises du genre qu’abrite la zone CEMAC.
