Les autorités gabonaises ont réussi à désamorcer une bombe, en interdisant purement et simplement la marche que tentait d’organiser ce mardi 24 mai à Libreville, une partie de l’opposition et de la société civile pour protester contre la politique de la France au Gabon.
Malgré le caractère « pacifique » invoqué par les organisateurs, en l’occurrence Gérard Ella Nguéma, président du Front patriotique gabonais (FPG) et président en exercice de la Troisième voie, deux forces politiques de l’opposition gabonaise, le gouvernement à travers le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, a catégoriquement opposé une fin de non-recevoir, non sans insister sur la souveraineté de l’Etat gabonais qui lui donne la liberté de nouer des accords de défense et de coopération avec n’importe quel Etat.
« Le Gabon, pays souverain, a ratifié un certain nombre d’accords avec la France ». Notamment les accords de coopération et défense. Toutes choses dont vous ne saurez vous arroger la latitude de dénoncer dans le but de mettre à mal les excellents rapports qu’entretient notre pays avec la France », a indiqué le ministre, avant d’appeler des initiateurs « au patriotisme » et à observer « ces prescriptions » sans aucune autre forme de procès.
Les organisateurs qui écartent tout sentiment « anti-français » ou « tout effet de mode » en comparaison avec des manifestations similaires qui ont eu lieu ces derniers temps contre « la politique française en Afrique », notamment en Centrafrique, au Mali et au Tchad, ont insisté avoir agi par « patriotisme » pour la défense de leur pays et de leur nation.
La « marche pacifique contre la présence de l’armée française au Gabon » soutiennent ses concepteurs avait entre autres pour objectif de dénoncer « l’asservissement et la soumission » du Gabon vis-à-vis de la France dont l’influence à travers une politique d’exploitation consacre « la sacralisation de la présence impérialiste » au Gabon.
D’après des témoignages recueillis sur place, malgré l’interdiction de la marche, les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans les principales artères de la capitale, craignant des réactions que cette manifestation pourrait entrainer car de nature à mettre à mal les relations entre la France et le Gabon.
