Le Cameroun continue de s’endetter en dépit des réserves émises par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD) qui s’inquiètent des conséquences que cet endettement pourrait engendrer sur l’économie nationale.
Ainsi, au terme du premier trimestre de l’année, l’encours de la dette publique s’élève à 11 456 milliards de FCFA (19 milliards de dollars), ce qui représente 45,0% du mroduit intérieur brut (PIB). Comparée au trimestre précédent, cette dette connaît un accroissement de 0,8% et surtout une augmentation de 7,4% en glissement en annuel.
Dans les détails, la dette directe de l’administration centrale représente 92,5% de l’enveloppe et s’élève à 10593 milliards de FCFA (17 milliards de dollars), soit 72,1% provenant des créanciers extérieurs et 27,9% issus des bailleurs domestiques. Par ailleurs, la dette des entreprises publiques se situe à 7,4% des créances. Cette tendance à s’endetter davantage est décriée par les bailleurs de fonds, même si les autorités camerounaises ont toujours indiqué que cet endettement est sous le seuil communément admis dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui est de 70% du PIB.
Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), les fonds empruntés pour la réalisation des projets de développement sont en conformité avec à la stratégie nationale d’endettement annexée dans la loi de finances 2022. Autrement dit, l’endettement en soi n’est pas trop inquiétant, mais c’est l’usage des fonds empruntés qui compte.
« Aujourd’hui, l’endettement se veut responsable et intelligent et permet d’orienter l’utilisation optimale des ressources vers les financements de projets de développement à fort impact socio-économique, de nature à garantir à la fois la viabilité de la dette publique et la soutenabilité des finances publiques », a précisé le directeur général de la CAA, Richard Evina Obam.
Le gouvernement renseigne que l’accent est mis sur une gestion vigoureuse des fonds mobilisés d’où la mise en place du Basket fund, un compte unique affecté aux projets de développement logé à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et géré par la CAA. L’ objectif est de centraliser les fonds de contrepartie, de mobiliser les fonds qualifiés d’oisifs domiciliés dans les banques commerciales et mutualiser les ressources afin de « booster la réalisation optimale » des projets de développement.
