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«Le retrait du Mali du G5 Sahel est un non évènement»

Déclaration exclusive de Djimé Adoum, Haut représentant de la Coalition pour le Sahel  Par Christine Holzbauer. En visite à Niamey mercredi 19 mai pour rencontrer le Président Mohamed Bazoum et s’entretenir avec lui de l’avenir du G5 Sahel après l’annonce, dimanche, par la junte au pouvoir à Bamako du retrait du Mali  «de tous les organes et instances du G5 Sahel, y…

Déclaration exclusive de Djimé Adoum, Haut représentant de la Coalition pour le Sahel 


Par Christine Holzbauer.


En visite à Niamey mercredi 19 mai pour rencontrer le Président Mohamed Bazoum et s’entretenir avec lui de l’avenir du G5 Sahel après l’annonce, dimanche, par la junte au pouvoir à Bamako du retrait du Mali  «de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe», le Haut représentant de la Coalition pour le Sahel, Djimé Adoum, a estimé que ce retrait représentait «un non évènement».

Dans un entretien téléphonique exclusif à Financial Afrik, l’ancien ministre tchadien a nié qu’il y ait un risque d’implosion de l’organisation créée en 2014 et regroupant, en plus du Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. «Le Président Bazoum est déterminé, comme d’ailleurs tous les autres dirigeants du G5 Sahel, à sécuriser la région y compris les Etats côtiers avec ou sans le Mali», a-t-il confié. 

Le Niger, nouveau pivot.

Jusqu’à présent, c’était l’armée malienne qui jouait un rôle central dans le dispositif sécuritaire mis en place dans cette zone et, notamment, la région dite des trois frontières au nord du Mali. «La protection sécuritaire, à l’ouest, est assurée en priorité par le binôme militaire Mauritanie/Mali. Celle du centre par le trinôme Burkina Faso/Mali/Niger et celle de l’est par le binôme Niger/Tchad», explique Djimé Adoum. Après la dénonciation des accords de défense avec Paris à la suite de la fin de l’opération Barkhane et Takuba et l’annonce de son retrait de la Force conjointe, le Mali n’a plus l’obligation d’ouvrir ses frontières en cas de poursuite de djihadistes sur son territoire.

Le Haut Représentant de la Coalition pour le Sahel ne croit pas que le Mali deviendra un sanctuaire pour les terroristes. «Nous continuerons à poursuivre les terroristes quel que soit l’endroit où ils se cachent», affirme-t-il. Mais reconnait que, dans la nouvelle configuration de forces qui va être déployées sur le terrain, «le Niger devient le pivot dans le dispositif sécuritaire en train de se mettre en place au Sahel pour contenir la poussée djihadiste y compris vers le sud, en direction des Etats côtiers.»

Passer le cap de la transition 

Il nie, par ailleurs, que le scénario d’une «force ad hoc l» soit envisagé pour prendre le relais. «Le président Bazoum a accepté le redéploiement de Barkhane sur son sol et a obtenu l’approbation de son Parlement à cette fin. Le Niger procédera selon le plan convenu par la Déclaration de Paris. Il n’y aura pas de mauvaise surprise ni pour les Français de Barkhane, ni pour les Européens de Takuba. C’est de ce redéploiement que nous avons d’ailleurs discuté lors de l’entretien que j’ai eu avec le Chef de l’Etat», révèle-t-il.

Frappée de sanctions par la Cedeao à l’issue du coup du 24 mai 2021, lorsque l’armée malienne a capturé le président Bah N’Daw, le Premier ministre Moctar Ouane et le ministre de la Défense désigné, Souleymane Doucouré, la junte au pouvoir à Bamako a annoncé une période de transition de cinq ans. Le président Assimi Goïta a ensuite pris prétexte du refus qui lui a été opposé d’assurer la présidence tournante du G5 Sahel pour annoncer le retrait du Mali de l’organisation régionale. 

Pour l’ancien secrétaire général du CILSS, l’organisme interétatique chargé de lutter contre la sécheresse au Sahel, cet épisode qu’il qualifie de « temporaire » sera clos une fois la transition achevée au Mali et un gouvernement démocratiquement élu en place. « Les sanctions pourront alors être levées. Le Mali retrouvera sa place dans toutes les instances régionales, car il n’est dans l’intérêt de personne d’en faire un Etat paria », ajoute-t-il 

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