Les actifs extérieurs nets des banques égyptiennes devraient continuer à se redresser après la dévaluation de la livre égyptienne, selon l’agence de notation Fitch Ratings. La raison en est le retour de confiance des investisseurs étrangers grâce à un régime de taux de change plus flexible et à un nouveau programme mis en place par le Fonds monétaire international (FMI).
La Banque centrale d’Égypte (CBE) a procédé, le 21 mars dernier, à la dévaluation de la monnaie locale de 17 % et relevé son taux directeur de 100 points de base pour lutter contre l’inflation. Des mesures, qui selon Fitch, soutiendront la rentabilité des banques mais, conjuguées à une inflation élevée, pourraient exercer une pression sur la qualité des actifs.
Dans le rapport publié ce jeudi 19 mai, l’agence de notation indique que les engagements extérieurs nets des banques se sont élargis à 12 milliards USD à fin février 2022, contre 1,4 milliard de dollars à fin juin 2021, grâce à l’utilisation d’actifs étrangers par les banques du secteur public pour acheter des devises étrangères.
Fitch Ratings prévoit que « les avoirs en portefeuille des non-résidents augmenteront à 20 milliards de dollars à la fin de l’exercice 21/22 et à 25 milliards de dollars à la fin de l’exercice 22/23, contre 17,5 milliards de dollars à la mi-mars ». Le déficit du compte courant de l’Égypte devrait diminuer à 3,5 % du PIB au cours de l’exercice 22/23, contre 4,6 % au cours de l’exercice 21/22.
Risque sur la qualité des actifs
« Nous prévoyons que la CBE augmentera les taux d’intérêt de 200 à 300 points de base le 19 mai. Des taux plus élevés pèseront sur les marges d’intérêt nettes (NIM) des banques à la suite de l’émission de certificats de dépôt à 18 % par la Banque nationale d’Égypte et la Banque Misr, ce qui entraînera une augmentation des coûts de financement du secteur alors que d’autres banques se font concurrence pour le financement des dépôts », note le rapport.
Toutefois, un risque pèse sur la qualité des actifs durant la période 2022-2023. Fitch s’attend à ce que les restructurations de prêts et les pertes sur créances augmentent, et que le ratio de prêts non performants du secteur d’ici fin 2023 se rapproche du niveau de 2018-2019 d’environ 4,1 % à mesure que la croissance du crédit s’affaiblit et que les taux d’intérêt augmentent
