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CEMAC : deux préalables incontournables avant l’installation du nouveau président de la BDEAC

Les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) n’ont pas encore totalement accordé leurs violons après la nomination le 13 avril 2022 de l’actuel vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le Camerounais Dieudonné Evou Mekou, au poste de président de l’institution. Le Tchad continue de contester la…

Les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) n’ont pas encore totalement accordé leurs violons après la nomination le 13 avril 2022 de l’actuel vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le Camerounais Dieudonné Evou Mekou, au poste de président de l’institution. Le Tchad continue de contester la décision des chefs d’Etat de la CEMAC, estimant que ce poste devrait lui revenir.

Pour éviter toute crise pouvant déboucher sur une paralysie institutionnelle, deux rendez-vous majeurs sont prévus en juin prochain au terme desquels la BDEAC devrait retrouver toute la sérénité nécessaire en vue de poursuivre les missions de catalyseur de développement qui lui sont dévolues.

Selon nos informations, le conseil d’administration de l’institution régionale est convoqué pour le 9 juin 2022 à Libreville (Gabon), puis, suivra l’assemblée générale le 18 juin à Brazzaville (Congo). « C’est au terme de ces deux réunions que normalement le nouveau président devrait être installé », renseignent des sources proches du dossier.

Certaines sources diplomatiques soutiennent que « la contestation du Tchad ne peut bloquer le processus », car « ils auront la possibilité  d’exprimer leur position dans ces cadres dédiés ». Autrement dit, « l’on ne devrait pas s’attendre à ce qu’on revienne sur une décision officielle des chefs d’Etat déjà rendue publique, ce qui laisse croire que les dirigeants d’Afrique centrale apporteront une réponse politique à cette problématique qui puisse non seulement éviter une crise institutionnelle dont personne ne tirerait profit, même s’il faut intégrer que les chefs d’Etat tiendront également compte des arguments des uns et des autres ».

Contrairement au Tchad, le Cameroun n’a jamais dirigé la BDEAC

Sauf miracle, Dieudonné Evou Mekou devrait présider aux destinées de la BDEAC pour les cinq prochaines années. Un choix rendu possible à la faveur des réformes institutionnelles sous-régionales qui consacrent notamment la rotation des postes pour les premiers responsables. C’est sur la base desdites réformes explique-t-on qu’en suivant l’ordre alphabétique, le poste du président de la BDEAC est revenu au Cameroun cette année au terme du quinquennat de l’Equato-guinéen Fortunato Ofa Mbo Nchama.  

Le mandat non renouvelable de ce dernier étant forclos le 17 mars 2022, il gère les affaires courantes avant l’entrée en fonction de son successeur le mois prochain, précise-t-on. Par ailleurs, le Gabon qui devrait assurer la vice-présidence de la BDEAC a déjà choisi son plénipotentiaire, confirmant l’option de la banque de poursuivre normalement ses missions principalement destinées pour le développement de l’Afrique centrale.

D’après les sources, en dehors du Congo qui abrite le siège de la BDEAC, le Cameroun est le seul pays de la CEMAC après quarante ans qui n’a pas encore dirigé cette institution bancaire, indépendamment du fait que le Cameroun est la locomotive économique de la CEMAC et concentre près 50 % du Produit intérieur brut (PIB) de cette région.

Le Tchad dont l’actuel gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli a été président de la BDEAC entre 2015 et 2017. Alors que son mandat à la tête de l’institut d’émission monétaire de l’Afrique centrale courre jusqu’en 2023, de nombreux analystes estiment que la « polémique » suscitée par le Tchad n’a pas sa raison d’être d’autant que c’est sur la base des dernières réformes qu’il revient au Cameroun et au Gabon de nommer les deux principaux dirigeants de la BDEAC pour les cinq prochaines années.

In fine, estiment des analystes, « le consensus et le bon sens l’emporteront » pour le grand bien de l’ensemble des pays de la CEMAC qui ont besoin d’être soudés pour faire face aux enjeux du développement.

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