Grâce au Différentiel de Revenu Décent (DRD en Français, LID en anglais) de 400 dollars appliqué sur chaque tonne de cacao en sus du prix du marché, la fève rapportera 796 millions de dollars aux producteurs ivoiriens. C’est ce que déclare Alex Assanvo, secrétaire exécutif de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana en marge de la 15ème session de la Conférence des parties de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP15), qui a lieu du 9 au 20 mai 2022.
Le dispositif tant décrié par les chocolatiers à l’instar du confiseur américain Hershey, qui n’y a consenti qu’après moult négociations avec le Conseil Café Cacao, reste encore mal compris par les acteurs. Depuis l’instauration de la mesure en 2019, les acheteurs internationaux ont tendance à réduire leur exposition sur le cacao provenant des deux pays. Certains confiseurs comme Mars diminueraient la proportion du cacao dans leurs produits.
Premiers supporters du projet, les Chefs d’Etat ivoirien et ghanéens font face à une directive européenne interdisant les produits dans les forêts classées d’ici 2024.
Selon Poé Carine-Laure, directrice chargée des délégations régionales et de la commercialisation intérieure et coordonnatrice de l’Initiative en Côte d’Ivoire, avec le Drd, les producteurs vont empocher 500 milliards de Fcfa sans taxe. Sur la campagne précédente, 821 millions de dollars avaient été distribués aux planteurs pour une production de plus de deux millions de tonnes.
Au total, la certification ne concerne actuellement que 15% des planteurs du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Un chiffre paradoxal pour Alex Assanvo estimant que la durabilité doit toucher le maximum de personnes. Car, argue-t-il, «protéger la forêt doit pouvoir apporter du revenu tout en rendant le produit viable et attractif ». Et l’une des problématiques actuelles de la filière est de produire plus sur moins de terre. « Le cacao est une des solutions de la Cop 15 », selon lui.
Concernant l’application de 400 dollars/tonne, le Secrétaire exécutif a fait remarquer que l’objectif n’est pas d’imposer un prix unique, mais de voir si le prix en vigueur répond aux attentes des planteurs. «Nous allons faire tous les efforts pour respecter les normes. La mission de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire et Ghana est de garantir le revenu des planteurs. Il s’agit aussi de mettre l’accent sur la transformation et également d’inciter la population à consommer le cacao… Il faut noter que le prix dépend de la production. La mission de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana est de garantir le revenu des planteurs », explique Alex Assanvo.




